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Fiche technique :
Réalisation : Yohan Manca ; scénario : Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre et Yohan Manca ; musique : Bachar Mar Khalifé ; photographie : Marco Graziaplena ; montage : Clément Diard ; distribution : Ad Vitam.

Avec :
Maël Rouin Berrandou (Nour) ; Judith Chemla (Sarah) ; Dali Benssalah (Abel) ; Sofian Khammes (Mo) ; Moncef Farfar (Hédi).

Mes frères et moi

France, 2021, 108min.

Réalisation : Yohan Manca

Biographie :

Yohan Manca, né en 1989, intègre très tôt le Cours Florent. Il commence sa carrière de comédien de théâtre dans la pièce Pourquoi mes frères et moi on est parti. Il poursuit une importante carrière de metteur en scène et d’acteur de théâtre. Il apparaît au cinéma dans Escapada, puis dans La vérité si je mens ! Les débuts (2019). En 2012, il réalise et produit avec Julien Dara son premier court métrage, Le Sac, puis son deuxième en 2017, Hédi & Sarah et bientôt son 3ème Red Star. Mes frères et moi, son premier long, a été sélectionné à Cannes 2021 (Un certain regard).

Résumé :

Nour a 14 ans. Il vit dans un quartier populaire au bord de la mer. Il s'apprête à passer un été rythmé par les mésaventures de ses grands frères, la maladie de sa mère et des travaux d'intérêt général. Alors qu’il doit repeindre un couloir de son collège, il rencontre Sarah, une chanteuse lyrique qui anime un cours d’été. Une rencontre qui va lui ouvrir de nouveaux horizons...

Analyse :

Yohan Manca s’est librement inspiré de la pièce de théâtre Pourquoi mes frères et moi on est parti… qu’il avait montée et interprétée à 18 ans, pour tourner Mes frères et moi. Quel joli film, juste, intelligent, lumineux ! Sur un sujet rebattu, le miracle du transfuge de classe façon Billy Elliot, le réalisateur réussit un film solaire, émouvant, balayant avec humour et tendresse les clichés sur les quartiers défavorisés, tout en mettant un accent très réaliste sur le milieu dans lequel évolue Nour. Il est entouré de ses trois frères, plus vrais que nature, l’ainé, Abel, qui exerce son ascendant et son autorité sans nuances et non sans violence, le second, Mo, plus humain, charmeur, et qui se prostitue gentiment autour de la piscine de l’hôtel proche, avec un numéro à la Aldo Maccione désopilant, le troisième, Hédi, fougueux, perturbé, violent. Tout ce petit monde vit à la marge, a des revenus dont l’origine n’est pas très claire, et entoure de son affection une mère d’origine maghrébine plongée dans un coma profond. La caméra légère de Yohan Manca, sans misérabilisme ni pathos, les situe dans un pays de soleil. Certes l’été n’est pas forcément la période des vacances pour le jeune Nour. Il doit repeindre les murs du collège pendant que ses frères jouent au foot sur la plage. Mais c’est aussi sa chance. Dans le couloir où il manie son pinceau il entend venant d’une salle Una Furtiva Lacrima par Pavarotti. Il tombe sur un cours de chant donné par une professeure bénévole, Sarah, la magnifique et talentueuse actrice et chanteuse lyrique Judith Schemla, pleine d’empathie pour ce petit gamin, qui l’attire dans son cours. On assiste à la naissance d’une passion. On apprendra que son père, italien, faisait la cour à sa mère en lui chantant le bel canto.

C’est un milieu de gens humbles. L’opéra, le chant lyrique n’est pas du tout dans leur horizon. Avec l’aide de sa merveilleuse professeure, il va persévérer et va réussir à chanter Una furtiva lacrima. Le film se termine sur La Traviata, jouée et chantée par Judith Chemla, sous le sourire et les yeux fascinés de Nour … et des spectateurs.

Marie-Jeanne Campana

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