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Fiche technique :
Réalisation : Aurélia Georges. Scénario : Aurélia Georges et Maud Ameline. Photographie : Jacques Girault. Son : Dimitry Haulet, Jocelyn Robert. Montage : Martial Salomon. Décoration : Thomas Grézeaud. Musique : Frédéric Vercheval. Production : 31 juin films. Distribution: Pyramide.

Avec :
Lyna Khoudri (Nélie Laborde). Sabine Azéma (Eléonore de Lengwil). Maud Wyler (Rose Juillet). Laurent Poitrenaux (Julien Valence). Didier Brice (Massip).

La place d'une autre

France, 2022, 112min.

Réalisation : Aurélia Georges

Biographie :

Née en 1973 et diplômée de la FEMIS, elle a été co-présidente de l’ACID. Après un 1er long métrage L’homme qui marche (2008) - portrait épuré et poétique d’un marginal-, puis La fille et le fleuve (2014), une histoire d’amour fantastique et envoûtante, ce 3ème film, en sélection officielle à Locarno, confirme le talent singulier de la réalisatrice.

Résumé :

Nélie a échappé à une existence misérable en devenant infirmière auxiliaire sur le front en 1914. Un jour, elle prend l’identité de Rose, une jeune femme qu’elle a vue mourir sous ses yeux. Elle se présente à sa place chez une riche veuve, Eléonore, dont elle devient la lectrice. Le mensonge fonctionne au-delà de ses espérances.

Analyse :

Librement adapté du roman de Wilkie Collins The New Magdalen (1873), ce drame sentimental traite de questions morales sous l’angle du suspense. On y pénètre par une série de brèves mais lumineuses scènes elliptiques où l’on comprend que l’héroïne, Nélie, une jeune fille née dans une classe sociale inférieure, est promise à la rue par l’égoïsme bourgeois. Elle s’engage alors comme infirmière, seule ressource pour échapper à son destin en ce début de guerre de 14, et rencontre sur le front Rose une orpheline protestante suisse qui cherche à se mettre sous la protection d’une riche amie française de son père, Eléonore. Rose est mortellement blessée par un obus et Nélie s’approprie ses papiers pour prendre sa place auprès d’Eléonore, se livrant à toutes les conséquences romanesques et dramatiques de cette usurpation d’identité. Devenue lectrice auprès de la grande bourgeoise éprise de musique et de littérature, elle comble le vide affectif de sa protectrice et de sa propre vie d’enfant abandonnée, contrainte cependant d’assumer vis à vis d’Eléonore son inauthenticité. Un équilibre précaire s’installe alors, qui sera ébranlé par une succession de coups de théâtre, habilement distillés par un scénario maîtrisé, qui tiennent le spectateur en haleine. Sans négliger la fine caractérisation des autres personnages -et notamment la très convaincante prestation de Laurent Poitrenaux en pasteur libéral à la prédication socialiste- la mise en scène se concentre, dans un climat d’irréalité fantastique, sur toutes les facettes des relations entre Nélie - bloc de colère et de revendication sociale de Lyna Khoudri dont le visage peine à s’éclairer- et sa bienfaitrice -un des plus beaux rôles d’une Sabine Azéma fascinante et bouleversante- qui, en dépit du mensonge fondateur, vont nouer des liens mutuels infrangibles d’affection et de respect et démontrer qu’un destin n’est jamais écrit d’avance.

Jean-Michel Zucker

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