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Fiche technique :
Réalisation : Guillermo del Toro ; scénario : G. del Toro et Kim Morgan ; musique : Nathan Johnson ; photographie : Dan Laustsen ; décors : Shane Viau ; direction artistique : Brandt Gordon ; distribution France : The Walt Disney Company France.

Avec :
Bradley Cooper (Stanton Carlisle) ; Cate Blanchett (Dr Lilith Ritter) ; Rooney Mara (Molly) ; Toni Collette (Zeena) ; Willem Dafoe (Forain).

Nightmare Alley

Etats-Unis d'Amérique, 2022, 151min.

Réalisation : Guillermo Del Toro

Biographie :

Guillermo Del Toro, né en 1964, est un réalisateur et scénariste mexicain. Étudiant en effets spéciaux il s’y consacre pendant dix ans. Cronos (1993), son premier film remporte neuf prix au Mexique et le prix FIPRESCI à Cannes. Suivent onze autres longs métrages. Le Labyrinthe de Pan (2006) est en Sélection Officielle à Cannes. Son avant dernier film La Forme de l’eau remporte le Lion d’or à Venise 2017 et deux Oscars (2018).

Résumé :

Stanton Carlisle débarque dans une foire itinérante et parvient à s’attirer les bonnes grâces d’une voyante, Zeena et de son mari Pete, une ancienne gloire du mentalisme auquel il réussit à soutirer les secrets. Il décide d’utiliser ses nouveaux talents pour arnaquer l’élite de la bonne société new-yorkaise des années 40. Il échafaude un plan pour escroquer un homme aussi puissant que dangereux. Il va recevoir l’aide d’une mystérieuse psychiatre qui pourrait bien se révéler la plus redoutable de ses adversaires.

Analyse :

Guillermo del Toro abandonne le film fantastique pour une réalisation d’un genre nouveau, le film noir. Il adapte cette fois-ci un roman de William Lindsay Gresham, Nightmare Alley (Ruelle des cauchemars), traduit en français par Le Charlatan, paru en 1946. Très fidèle au roman, le film met en scène la monstruosité, physique et morale, avec un regard très cynique sur le genre humain. A part la candide Molly, tous les personnages révèlent le pire d’eux-mêmes. Le réalisateur respecte tous les codes du genre : un arriviste sans scrupules, une société pourrie, la femme fatale, la soif d’argent et de pouvoir jusqu’à la destruction des autres et de soi-même. Nous sommes à la fin des années 30. Les effets de la crise atteignent toujours la population dans certaines régions des Etats-Unis. L’attirance pour les phénomènes paranormaux qui donnent l’espoir d’un autre monde possible ou de connaitre un avenir qu’on espère de toute façon meilleur, le plaisir de voir des monstres humains plus malheureux que soi, draine beaucoup de monde dans les foires où grouille un petit monde d’escrocs, de bonimenteurs, d’arnaqueurs en tout genre, d’exploitants cruels de la misère humaine. C’est dans ce milieu qu’arrive le charismatique Stanton Carlisle fuyant la maison paternelle à laquelle il a mis le feu avec le cadavre de son père à l’intérieur. Dans cette première partie Stanton fait son apprentissage de la manipulation en apprenant le « métier » de medium. Dans la seconde partie, aux décors tout aussi soignés d’appartements newyorkais somptueusement meublés, le réalisateur retrace avec justesse l’ascension de Stanton, épaulé par sa fidèle Molly, jusqu’à l’horreur qui accompagne sa chute inexorable dans un décor de neige et de sang. Chute provoquée par la glaciale Cate Blanchett en femme fatale, psychanalyste vénéneuse, envoutante, dont les méthodes professionnelles ne sont pas très éloignées de celles du charlatan medium.

Un film brillant, d’une maîtrise impressionnante, où tout le talent bien connu du réalisateur se déploie. Un scénario et une mise en scène remarquables, la photographie, le travail des plans et des couleurs d’une grande élégance, font de ce film une grande réussite.  

Marie-Jeanne Campana

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