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Fiche technique :
Réalisation : Alexandre Koberidze – Scénario et montage : Alexandre Koberidze – Directeur de la photographie : Faraz Fesharaki – Musique et son : Giorgi Koberidze – Décor : Maka Jebirashvili – Costumes : Nino Zautashvil – Distribution : Damned.

Avec :
Giorgi Bochorishvili (Giorgi), Ani Karseladze (Lisa), Oliko Barbakadze (Lisa), Giorgi Ambroladze (Giorgi), Vakhtang Panchulidze (Le patron du bar).

Sous le ciel de Koutaïssi (What Do We See When We Look At The Sky ?)

Géorgie, Allemagne, 2022, 150min.

Prix FIPRESCI, Berlin, 2021

Grand prix du jury, Festival Premiers Plans, Angers, 2022

Réalisation : Alexandre Koberidze

Biographie :

Après avoir étudié la microéconomie et la production cinématographique à Tbilissi (Géorgie), Alexandre Koberidze s’est installé à Berlin pour étudier la réalisation à l’Académie allemande du cinéma et de la télévision (DFFB). Pendant ses études, il réalise de nombreux courts-métrages, et notamment Colophon (2015). Son premier long-métrage, Let the summer never come again (2017) remporte notamment le Grand Prix au FID de Marseille. Sous le ciel de Koutaïssi a obtenu le prix FIPRESCI au Festival de Berlin 2021 et le Grand prix du jury au Festival Premiers Plans d’Angers 2022.

Résumé :

C’est le coup de foudre entre Giorgi et Lisa lorsqu’ils se rencontrent par hasard dans les rues de Koutaïssi. Ils se donnent rendez-vous pour le lendemain. Mais d’étranges amis mettent en garde Lisa contre le mauvais œil qui menace leur histoire d’amour à peine commencée.

Analyse :

Le film s’ouvre sur une longue séquence, celle d’une troupe joyeuse d’enfants arrivant à l’école. Puis la scène se vide, et c’est le coup de foudre entre Giorgi et Lisa, filmé d’une manière quasi burlesque, Mais des forces maléfiques viennent compromettre leur prochain rendez-vous. Le ton est donné : romantisme, humour, suspense, ce sont là les ingrédients d’un récit qui va nous être conté par la voix off du réalisateur lui-même. Le film va alors emprunter des chemins de traverse, comme pour nous éloigner d’un dénouement tant attendu. Alexandre Koberidze aime à citer cette phrase de Yuri Norstein, cinéaste russe d’animation : « Plus l’histoire est simple, plus vous avez de temps pour le film ». Le cinéaste nous entraîne dans les rues et les cafés de Koutaïssi, à la manière d’un photographe qui tente de capter la vie au quotidien des habitants d’une ville. On n’est pas loin du documentaire. Pour autant, le film n’abandonne pas sa dimension fictive. Toute la population de la ville, y compris les chiens, se prend de passion pour la coupe du monde de football et pour le célèbre Messi qui mène l’Argentine à la victoire (lequel Messi, rappelons-le, n’a jamais remporté le précieux trophée) ! Dans le même temps, on ne cesse de croiser Giorgi et Lisa et on se demande s’ils arriveront à se rencontrer de nouveau. Il faudra attendre l’intervention d’un deus-ex-machina pour dénouer ce qui était en suspens : ici, une équipe de cinéma !

Avec Sous le ciel de Koutaïssi, Alexandre Koberidze réinvente avec malice la magie originelle du cinéma, Dans bien des scènes, on voit les protagonistes parler sans qu’on les entende. S’accompagnant parfois d’une musique sautillante, leur gestuelle n’est pas sans rappeler celle des acteurs du muet. Certes, un tel film « ne fait pas avancer le monde, il ne fait rien avancer du tout » dit le narrateur. Mais il ajoute que le cinéma a ce pouvoir de faire advenir bien des choses inexplicables. Et quoi de plus inexplicable que ce qu’il y a de plus commun : une rencontre amoureuse !

Yves Ballanger

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