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Fiche technique :
Réalisation : Daniel Brühl ; scénario : Daniel Kehlmann, Daniel Brühl ; montage : Marty Schenk ; caméra : Jens Harant ; distributeur : Eurozoom.

Avec :
Daniel Brühl (Daniel), Peter Kurth (Bruno), Rike Eckermann (Wirtin), Aenne Schwarz (Clara).

Next Door (Nebenan)

Allemagne, 2021, 94min.

Réalisation : Daniel Brühl

Biographie :

Né en 1978 d’un père comédien et d’une mère professeure catalane, il grandit à Cologne. A 8 ans il gagne un concours de lecture, par la suite interprète des pièces radiophoniques puis devient acteur en 1994 dans un film télévisé, Svens Geheimnis. Après son service civil (il a refusé le service militaire), il se fait connaître pour son rôle dans Good Bye, Lenin ! en 2003. Polyglotte, il tourne aussi en anglais, espagnol et français : Salvador (Huerga, 2006), Inglorious Bastards (Tarentino, 2009), La femme au tableau (Curtis ,2015) ; il a déjà joué dans 54 films. Avec Nebenan il passe pour la première fois derrière la caméra.

Résumé :

Daniel, star du cinéma, doit se rendre à un rendez-vous important. Avant de partir pour prendre son avion, il s’arrête dans un café en bas de chez lui. Là il rencontre Bruno qui habite le même immeuble que lui. Une conversation s’installe qui fait basculer la vie de Daniel.

Analyse :

Pour sa première réalisation, Daniel Brühl croise plusieurs thématiques. L’une, internationale, concerne la vie de star. Si le personnage qu’il incarne porte le même prénom que lui, c’est que le film comporte des notes autobiographiques. Le deuxième thème, bien germanique, est le rattachement assez brutal de l’ex-RDA à l’Allemagne de l’Ouest. Le fossé est loin d’être comblé. Des inégalités persistent mais surtout, les gens -- qu’ils aient cru au socialisme version RDA ou non-- ont dû, du jour au lendemain, s’adapter à un autre système, d’autres valeurs, d’autres manières de fonctionner.

Le troisième thème finalement est ce qu’on appelle maintenant la ‘gentrification’, à savoir la réhabilitation de quartiers populaires avec un afflux de personnes plus aisées qui rénovent les vieux immeubles et apportent un autre style de vie auquel ceux qui y habitent depuis toujours ne sont pas habitués, des changements qu’ils ne voient pas forcément d’un bon œil. Dans le cas de Daniel c’est particulièrement criant : il habite avec sa compagne, leurs deux enfants et la nounou, un loft tout en verre, installé tout en haut d’une cour intérieure sombre d’un vieil immeuble comme il y en a tant à Berlin. Son appartement est desservi par un ascenseur particulier si bien qu’il n’a aucun contact avec les autres habitants de l’immeuble. Et c’est l’un deux, Bruno, qui l’entreprend dans le café et, très vite, le fait descendre de son piédestal égocentrique. C’est que Bruno, magistralement interprété par Peter Kurth, est un ancien de la Stasi qui connaît toutes les ficelles pour démolir quelqu’un.

Les dialogues sont ciselés de façon cruelle. Un huis-clos oppressant et haletant.

Waltraud Verlaguet

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