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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Bouli Lanners ; montage : Ewin Ryckaert ; photographie : Frank Van den Eeden ; distribution : Ad Vitam.

Avec :
Bouli Lanners (Phil) ; Michelle Fairley (Millie) ; Julian Glover (Angus).

L'ombre d'un mensonge

Belgique, 2022, 99min.

Réalisation : Bouli Lanners

Biographie :

Né en 1965, Philippe Lanners est un acteur, réalisateur, scénariste, peintre belge. Il se découvre, adolescent, un goût pour la peinture et le cinéma. Apparu au cinéma en 1990 avec le prénom de Bouli il commence une carrière d’acteur. En 1999 il se lance dans la réalisation : auteur de plusieurs courts métrages, il réalise en 2005 son premier long, Ultranova (présenté à la Berlinale) tout en poursuivant en parallèle sa carrière d’acteur. Suivent Eldorado (2008), Les Géants (deux prix à la Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2011), Les Premiers, les Derniers (2016).

Résumé :

Phil s’est exilé dans une petite communauté presbytérienne sur l'Île de Lewis, au nord de l'Ecosse. Une nuit, il est victime d'une attaque qui lui fait perdre la mémoire. De retour sur l’ile, il retrouve Millie, une femme de la communauté qui s'occupe de lui ; elle prétend qu'ils s'aimaient en secret avant son accident...

Analyse :

L’ombre d’un mensonge est un film d’une infinie délicatesse, tout en nuance et pudeur. Pourtant il se déroule dans l’île de Lewis, au large de la côte ouest de l’Écosse dans l’archipel des Hébrides, un bout de terre battu par la pluie et le vent, au paysage sauvage et désolé de landes et de rochers qui se jettent dans la mer. Au sein de cette nature inhospitalière nait cet amour d’une douceur infinie, un amour de la dernière chance. Ils ont tous deux la cinquantaine. Phil a eu un AVC, ce n’est pas le premier ni le dernier lui ont dit les médecins. Il est provisoirement amnésique. Elle, Millie, est ce que l’on pourrait appeler une vieille fille, austère comme le paysage de son île et le rigorisme de l’église presbytérienne qui a façonné les mentalités, d’une froideur telle qu’elle a été surnommée la « reine des glaces » par les gens du coin. Et pourtant ! Elle est amoureuse en secret de cet étranger dont on ne sait rien, qui travaille comme ouvrier agricole chez son père, gros nounours taiseux, un peu rustre, au corps recouvert de tatouages, qui cache bien une grande timidité. Avec une audace qu’on ne soupçonnait pas elle va profiter de cette amnésie pour lui faire croire qu’ils étaient amants autrefois. Et lui se laisse porter par cette tendresse, s’ouvre très progressivement à cet amour inespéré, sourit à la vie. Un amour sans débordement, empreint d’embarras, de gêne, de retenue, avec la maladresse qu’auraient deux jeunes adolescents. Empreint également d’une douce mélancolie, qui le rend si émouvant.

Pour son cinquième long métrage Bouli Lanners délaisse son monde de marginaux pour réaliser son premier film d’amour. Une grande réussite. Il nous dit être un sentimental et s’être totalement retrouvé dans ce film sobre, sensible, subtil, qui ne manque pas de romanesque. Un film touché par la grâce.

Marie-Jeanne Campana

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