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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Ildiko Enyedi d’après le roman de Milan Füst – Direction Photo : Marcelli Rev –Déc. : Imola Lang – Montage : Karoly Szalay –Musique : Adam Balazi – Distribution : Pyramide.

Avec :
Léa Seydoux (Lizzi), Gifs Naber (Jacob Störr), Louis Garrel (Dedin), Jasmine Trinca (Viola), Luna Wedler (Grete), Joseph Adler (Monsieur Blume), gio Rubini (Kodor).

L'histoire de ma femme

Allemagne, Hongrie, France, Italie, 2022, 169min.

Réalisation : Ildikó Enyedi

Biographie :

Née en 1955 à Budapest, elle a fait ses études à Montpellier en 1974, puis en Hongrie à l’Université d’art dramatique et cinématographique (1975-1978). A réalisé plusieurs courts métrages. Premier long-métrage, Mon XXème siècle, en 1989 au Festival de Cannes (Caméra d’Or). En 2017 Corps et âme remporte l’Ours d’Or à La Berlinale. L’Histoire de ma femme était en compétition officielle à Cannes en 2021.

Résumé :

Un homme, capitaine au long cours de cargo, bien de sa personne mais solitaire, décide de se marier. Il fait un pari avec un ami, d’attendre dans un café la première femme qui rentrera, et elle arrive, la Femme, heureuse élue. C’est Lilly (Léa Seydoux en beauté et d’un autre monde). Le couple, c’est l’aventure, on ne sait pas ce qu’il peut arriver ! Entre réalité et fantasme, Jacob devrait choisir.

Analyse :

Dés le générique retentit une corne de brume. En voix off, un homme parle : « Si j’avais un fils, que lui dirais je en guise de bienvenue au monde ? je lui parlerais de notre vie passée, à essayer de contrôler l’incontrôlable ». Ce qu’il faut dire d’emblée, face à ce film étrange et magnifique, c’est la difficulté du spectateur pour comprendre Jacob Störr ! Toute l’histoire tourne autour de lui, et son regard emprisonnant sa femme, belle, légère et surtout insaisissable. Grande originalité de la réalisation : la femme cinéaste se livre à une contemplation du regard masculin ! « Enyedi regarde Störr regarder Lizzy » comme le pointe une critique de Positif. Persuadé que sa femme le trompera pendant ses absences, il ne sait pas vivre une relation simple, amoureuse. Lizzi est une femme libre, qui semble vivre des aventures mais qui a accepté de se marier avec Jacob et elle lui donne des signes d’amour. Lui est séduit par Grete, rencontrée lors d’un de ses voyages, jeune protestante (comme Jacob) arborant son besoin de fidélité. La relation tourne court. Jacob est à la recherche de lui-même ; hésitant et inquiet, ne va-t-il pas rater sa vie, en la rêvant ? Il décide de ne plus naviguer pour un temps, on lui confie un travail à terre. Il en profite pour participer à quelques affaires tordues avec son ami Kodor. La relation se dégrade au sein du couple. Le mystère plane sur la réelle identité de Dedin, beau prétentieux, ami/amant de Lizzy ? Jacob fait quelques voyages en emmenant sa femme.. Les moments les plus fascinants du film se passent à Paris et surtout à Hambourg dans le quartier des docks. La photographie est toujours très soignée et élaborée, par l’abondance de couleurs chaudes, d’éclairages ouatés. Et le choix des musique accentue la beauté esthétique de l’ensemble. Sans parler de scènes de bateau en mer, dans une lumière à couper le souffle. Le récit est présenté en sept parties, avec un titre pour chacune. Cela n’est pas une bonne idée, car ce procédé littéraire en rompt le charme. La réalisatrice ne dit-elle pas avoir cherché à « transformer le verbal en langage de cinéma ». Le récit a sans doute les allures d’un roman d’apprentissage, mais l’ambiance de l’histoire contient en elle une belle dimension lyrique, et c’est cela qui nous émeut.

Alain Le Goanvic

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