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Fiche technique :
Ecriture et rĂ©alisation : Thomas Lacoste. Image : Enaut Castagnet et Catherine Georges. Son : Renaud Michel et Jeremy Garat. Montage : Gilles Volta. Montage son : Benoit Gargonne. Musique originale : GrĂ©goire Auger. Production : Sister Productions, La bande passante; avec Gastibeltza Filmak et Prima Luce. Distribution : Nour Films.

L’ hypothèse démocratique - Une histoire basque (Documentaire)

France, 2022, 160min.

RĂ©alisation : Thomas Lacoste

Biographie :

CinĂ©aste Ă©diteur et essayiste nĂ© en 1972, il a rĂ©alisĂ© depuis 2007 8 longs mĂ©trages et plus de 150 cinĂ©-entretiens. En 2012, l’ensemble de son travail a fait l’objet d’un coffret DVD Penser critique, Kit de survie Ă©thique et politique pour situations de crise(s). Il poursuit actuellement avec le dĂ©veloppement de 2 sĂ©ries documentaires La RĂ©volution Spinoza, et une histoire des soulèvements populaires du Moyen-Age Ă  nos jours.

Résumé :

L’hypothèse dĂ©mocratique - Une histoire basque propose pour la première fois le rĂ©cit sensible de la sortie politique du plus vieux conflit armĂ© d'Europe occidentale. Acteurs, victimes et nĂ©gociateurs de la paix nous plongent dans l’histoire d’un peuple qui, face aux violences Ă  l’oeuvre, a su inventer une nouvelle voie et agir sur sa propre destinĂ©e.

Analyse :

La lutte clandestine, politique et armĂ©e, de l’ETA (Euskadi ta Askatasuna : pays basque et libertĂ©) pour la prĂ©servation de la basquitude et notamment de la langue basque a Ă©tĂ© une histoire stigmatisĂ©e de toutes parts, que l’Etat espagnol comme l’Etat français ont encore du mal Ă  regarder en face. Ce rĂ©cit choral passionnant, rĂ©flĂ©chi et mesurĂ© retrace l’itinĂ©raire du mouvement indĂ©pendantiste basque Ă  travers les tĂ©moignages courageux et Ă  visage dĂ©couvert de nombreux militants et responsables de l’ETA et de la gauche abertzale (patriote) ainsi que de ceux d’autres acteurs du conflit, notamment ses victimes et des mĂ©diateurs Ă©trangers. Le dispositif d’Ă©coute mis en place ici leur donne le temps de parler Ă  leur propre rythme, et de convaincre le spectateur de leur intĂ©gritĂ© et de leur bonne volontĂ©. Celui-ci, sensibilisĂ© dès les premiers plans du film sur le Guernica de Picasso, est ainsi tenu en haleine pendant plus de 2h par l’entrecroisement de ces voix et d’images d’archives qui Ă©voquent les grandes Ă©tapes du conflit: les 1ers attentats contre le franquisme dès 1959; le procès de Burgos en dĂ©cembre 1970 contre 16 militants dont 6 condamnĂ©s Ă  mort; le terrorisme d’Etat espagnol des commandos para-policiers et paramilitaires des annĂ©es 1983-87; les Ă©checs successifs des pourparlers de paix Ă  partir des annĂ©es 2000; le renoncement unilatĂ©ral de l’ETA en 2011 Ă  une lutte armĂ©e de 40 ans, suivi le 8 avril 2017 de la restitution de son arsenal d’armes. Il est extraordinaire dans ces conditions de constater que, malgrĂ© les souffrances endurĂ©es par les militants basques et l’hostilitĂ© des Etats espagnol et français qui continue Ă  les poursuivre, ce ne sont pas les sentiments de haine ou de vengeance qui prĂ©valent chez eux. La fin du film -qui n’est ni un rĂ©quisitoire contre l’Etat espagnol ni une cĂ©lĂ©bration de l’ETA- est Ă©mouvante oĂą la veuve d’un policier tuĂ© par l’ETA et la fille d’un militant indĂ©pendantiste emprisonnĂ© et torturĂ© dialoguent, et arrivent, sans qu’on puisse parler de rĂ©conciliation, Ă  «partager la douleur».

Jean-Michel Zucker

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