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Fiche technique :
Réalisation : Valeria Bruni Tedeschi. Scénario : Valeria Bruni Tedeschi, Noémie Lvovsky, Agnès de Sacy. Directeur Photo : Julien Poupard. Montage : Anne Weil. Décors : Emmanuelle Duplay. Son : Jules Bertier, Clément Claude. Costumes : Caroline de Vivaise. Distribution : Ad Vitam.

Avec :
Nadia Tereszkiewicz (Stella), Sofiane Bennacer (Etienne), Louis Garrel (Patrice Chéreau), Micha Lescot (Pierre Romans), Clara Bretheau (Adèle), Suzanne Lindon (la serveuse).

Les amandiers

France, 2022, 125min.

Réalisation : Valeria Bruni Tedeschi

Biographie :

Valeria Bruni Tedeschi, née à Turin (Italie) en 1964 dans une famille d’artistes et d’industriels, est actrice, scénariste, réalisatrice et comédienne de théâtre, ancienne élève de Patrice Chéreau au Théâtre des Amandiers. En 1994, elle reçoit le César du meilleur espoir féminin pour son rôle dans Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel. En 2002, elle écrit et réalise son premier film, Il est plus facile pour un chameau (autobiographique). Les Amandiers est son 7ème film de réalisatrice, en compétition à Cannes 2022.

Résumé :

Théâtre des Amandiers de Nanterre en 1985-1986 - Des jeunes gens amoureux du théâtre passent un casting devant l’impressionnant Patrice Chéreau qui ne retiendra qu’un petit nombre d’élèves. Ce sera une année marquante pour ces happy few qui vont consacrer leur temps à apprendre des textes et à les jouer, dans une atmosphère un peu familiale mais aussi fiévreuse et tendue.

Analyse :

Ce très beau film sur le théâtre et le jeu des comédiens est largement autobiographique et Valeria Bruni Tedeschi explique, par la voix du personnage de Stella, ce que fut la vie des élèves –dont elle faisait partie- et des professeurs à l’école de théâtre des Amandiers, pendant les années Mitterrand-Lang, au milieu des années 1980. Sous la direction de Chéreau, assisté du directeur de l’école Pierre Romans, la scène de Nanterre attirait à elle tout le gratin du théâtre européen et les jeunes gens s’y pressaient par centaines pour y être admis. Le film ouvre sur un casting où les candidats se donnent à fond ; peu seront admis. Puis, à un rythme fou, avec essentiellement des gros plans sur les visages et de courtes scènes vivement interrompues pour enchaîner sur la suite, le film entre dans le monde enchanté mais dur des Amandiers et se concentre sur la passion de jouer des comédiens, leur souci de bien interpréter les textes et celui d’être à la hauteur des charismatiques directeurs. Les recherches de Chéreau et de Romans sur le jeu de l’acteur imposaient qu’on se donnât au métier corps et âme. « L’important, c’est le travail », estime Chéreau (Louis Garrel, excellent), tandis qu’une comédienne estime pour sa part qu’il faut « se dévoiler et que ce soit dangereux ». Des stages à l’Actor’s studio de New York invitaient « le talent à entrer » et permettaient de faire surgir la sensibilité et d’améliorer la gestuelle des élèves. Quelques répétitions de Platonov (Tchekhov) et de Penthesilée (von Kleist), données à l’époque, illustrent l’exigence de Chéreau, son perfectionnisme. La bande son est splendide : mélancolique sur le temps la jeunesse et le temps qui passe (Parce que d’Aznavour, le tube italien Guarda que luna), écorchée avec la voix rauque de l’acteur-chanteur soviétique Vladimir Vyssotsky, légère avec la dansante Pop Corn , triste avec le souvenir de Daniel Balavoine disparu brutalement en 1986. La réalisatrice revient aussi longuement sur l’usage de la drogue qui avait cours dans l’école et sur le sida qui fit de nombreuses victimes notamment dans les milieux culturels. Elle-même devait perdre son frère des suites de la maladie quelques années plus tard.
C’est un film très dense d’où l’on sort étourdi, secoué, surtout ébloui.

Françoise Wilkowski-Dehove

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