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Fiche technique :
Réalisation et scénario : James Gray ; musique : Christopher Spelman ; son : David J. Schwartz ; photographie : Darius Khondji ; distribution : Universal Pictures International France.

Avec :
Anne Hathaway (Esther, la mère) ; Jeremy Strong (Irving, le père) ; Banks Repeta (Paul Graff) ; Jaylin Webb (Johnny) ; Anthony Hopkins (Aaron, le grand-père).

Armageddon Time

Etats-Unis d'Amérique, 2022, 115min.

Réalisation : James Gray

Biographie :

James Gray, né en 1969, est un réalisateur, scénariste, producteur américain. Il étudie le cinéma à l'University of South California. La plupart de ses films sont inspirés de son histoire personnelle. En 1994 son premier long métrage Little Odessa reçoit le Lion d'argent à Venise. Ses principaux films, sélectionnés à Cannes, sont The Yards (2000 ), La Nuit nous appartient (2007), Two Lovers (2008), The Immigrant (2013). Dans un registre différent il réalise The Lost City of Z (2017) puis un film de science-fiction Ad Astra (2019). Armageddon Time a été présenté à Cannes 2022.

Résumé :

Ce film retrace l’histoire très personnelle du passage à l’âge adulte d’un garçon du Queens des années 80, issu d’une famille juive ukrainienne ayant fui les pogroms, immigrée à New York depuis 1920.

Analyse :

Avec tendresse, nostalgie et une grande sensibilité le réalisateur se penche sur quelques mois de son enfance, des mois où les illusions et les insouciances de l’enfance font place aux problèmes des adultes et de la société dans laquelle ils vivent. Le moment où l’enfant perd son innocence pour entrer dans l’adolescence avec ses mystères et ses interrogations. C’est la fin d’un monde, le moment de l’« Armageddon », nom de la bataille finale entre le bien et le mal. Paul est né dans une famille juive aimante, ni riche ni pauvre ; il dessine constamment, veut devenir artiste, mais son âme sensible fait de lui un enfant difficile, rebelle, qui n’accepte pas volontiers l’autorité des parents et les règles d’une société qu’il ne comprend pas toujours. Il en subit les conséquences, une correction par son père d’une violence inouïe, il doit quitter l’école publique et entrer dans un établissement privé censé lui assurer un avenir conforme au rêve américain, parrainé par le père de Donald Trump, c’est tout dire. Mais surtout il est obligé de quitter son meilleur ami, Johnny, avec lequel il fait les 400 coups, jeune Afro-Américain peu gâté par la vie, vivant seul avec une grand-mère atteinte d’Alzheimer, condamné de naissance à la délinquance par la pauvreté et le racisme ambiant. Son point d’encrage est son merveilleux grand-père avec lequel il nourrit une tendre complicité et qui lui donne des leçons de vie. On est dans les années 1980. Reagan vient d’être élu au grand dam de cette famille démocrate. Car à travers cette chronique familiale très intimiste vue à travers le regard de l’enfant, le cinéaste réalise son film le plus politique, reliant le début de l’ère Reagan au trumpisme, à la résurgence des populismes. Gray y dénonce l’illusion du rêve américain, la pression des élites qui provoque des inégalités de classe, le déterminisme social et surtout le racisme dont cette société peine tant à se défaire.

Une restitution méticuleuse du passé, une mise en scène très épurée, sur un mode plus simple, plus doux que dans certains de ses films, de beaux cadrages, une magnifique lumière automnale due au talentueux Darius Khondji, font de cette chronique du quotidien un grand film plein de grâce, d’une belle sensibilité.

Marie-Jeanne Campana

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