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Fiche technique :
 Réalisation et scénario : Ruben Östlund - Direction photo : Fredrik Benzel – Montage : Ruben Östlund, Mikel Karlsson – Son : Jonas Rudels, Jacob Iigner – Costumes : Sofie Krunegard - Distribution : Bac Films.

Avec :
Harris Dickinson (Carl), Charlibi Dean Kriek (Yaya), Woody Harrelson (le capitaine), Vicki Berlin (Paula), Henrik Dorsin (Jarmo) , Zlatko Buric (Dimitry), Jean-Christophe Folly (Nelson), Dolly de Leon (Abigail).

Sans filtre (Triangle of Sadness)

Royaume-Uni, Allemagne, France, Suède, 2022, 150min.
Palme d'Or du Festival de Cannes 2022

Réalisation : Ruben Ostlund

Biographie :

Né en 1974, il fonde en 2001 sa propre société de production, réalise son premier long métrage Gitarrmongot (Prix FIPRESCI au festival de Moscou en 2004). A la fois scénariste, monteur et directeur de la photographie, il est un cinéaste très présent sur le plateau. Mieux connu du public avec Snow Therapy (Prix du Jury - Un Certain Regard). Enfin ses deux derniers films sont chacun un coup de maître, puisque il fait un doublé de Palme d’Or : The Square en 2017 et Sans filtre en 2022

Résumé :

Un film qui commence par un long dialogue difficile au sein d’un couple de mannequins, dont l’une est déjà confirmée (la femme) l’autre a besoin de s’affirmer. La tension monte mais reste dans des limites raisonnables. Une deuxième partie va nous transporter sur un grand yacht de luxe. Les happy few sont bien traités et Carl et Yaya s’adaptent comme ils peuvent. Deux personnages se distinguent : le capitaine et un riche homme d’affaires, qui échangent des citations, avec une ironie féroce. Enfin, la troisième partie est comme l’effondrement de notre société qui va droit dans le mur ! Une femme de ménage va prendre sa revanche et devenir la responsable du groupe de naufragés !

Analyse :

Certaines œuvres de cinéma sont de nature à provoquer le spectateur afin qu’il réfléchisse à la société où il vit, à ses objectifs et surtout à ses errements, pour susciter sa réaction et surtout sa prise de conscience. Ainsi dans cette catégorie, je mettrais Cosmopolis de Cronenberg (2012), mais aussi des films plus anciens, devenus des « classiques » comme L’Ange exterminateur de Bunuel (1962) et La grande bouffe de Marco Ferreri (1973). Ici le réalisateur règle manifestement ses comptes au travers de Carl et Yaya - rôle de l’homme, qui est piégé dans le comportement ambigu et féministe de Yaya. Ce long affrontement affiche une belle intensité, auquel succéderont des séquences plus éparpillées, car nous sommes sur un yacht de luxe et le couple va devoir s’adapter à un monde plus complexe de nantis, qui peu à peu perdent les pédales. Le délitement d’une société sans idéal est sans concession, et les propos échangés par le capitaine et son voisin l’illustrent bien ! Seul moment un peu léger, humoristique même… mais l’explosion et le naufrage de la troisième partie ramènent la société humaine à l‘âge des cavernes. C’est un thème fréquent en science-fiction : le pire est peut-être sûr ? Film bien maîtrisé au niveau de la mise en scène, mais peut-être un peu prétentieux.

Alain Le Goanvic

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