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Fiche technique :
Réalisation : Saeed Roustayi - photo : Houman Behmanesh - musique : Ramin Kousha - son : Rashid Daneshmand, Mahoor Mirshakkak - Production : Saeed Roustayi et Javad Norouzbeigi - Distribution Wild Bunch Distribution.

Avec :
Taraneh Alidousti (Leila), Saeed Poursamini (le père), Navid Mohammadzadeh (Alireza), Payman Maadi (Manouchehr), Fahrad Aslani (Parviz), Mohammad Ali Mohammadi (Fahrad).

Leila et ses frères

Iran, 2022, 165min.

Prix de la FIPRESCI Cannes 2022

Réalisation : Saeed Roustaee

Biographie :

Saeed Roustayi (transcrit parfois Saeed Roustaee) est né en 1989 à Téhéran. Il choisit tôt le cinéma et fait ses études à Téhéran. Son premier long métrage, Life and a Day, sort en Iran en 2016, son deuxième, La loi de Téhéran, qui parle de la lutte contre le trafic de drogue, est un grand succès en Iran. Il sort en France en 2021 et obtient également un accueil très favorable du public et de la critique. Son troisième long, Leila et ses frères, sort en France en 2022 ; le tournage avait été autorisé par le gouvernement précédent mais sa diffusion en Iran a été refusée dans le contexte répressif actuel.

Résumé :

Dans la famille Jourablou, trois frères au chômage survivent par des petits boulots et petites ou grosses arnaques. Le quatrième frère, mis au chômage après la faillite frauduleuse de son usine, revient à la maison. Leur soeur Leila, célibataire, travaille et s'occupe de ses parents âgés. Elle propose à ses frères d'essayer de sortir de ce marasme en unissant leurs forces et leurs ressources pour l'achat d'une boutique. Mais leur père a d'autres projets : devenir parrain de la communauté, titre, honorifique mais dispendieux, qui lui assurerait une revanche sociale vis-à-vis d'un milieu qui l'a toujours méprisé.

 

 

Analyse :

 

Comme dans son film précédant, qui empruntait au genre du thriller surtout du fait de son sujet, la lutte contre le fléau de la drogue, le but de Saeed Roustayi est de raconter à la fois une histoire d'individus et de peindre un tableau de la société iranienne actuelle. Aussi l'histoire de la famille Jourablou, placée dans un contexte daté (mai 2018) par le retrait par le président Trump de l'accord sur le nucléaire iranien, est-elle par ailleurs emblématique de l'appauvrissement des classes moyennes que connaît l'Iran depuis plusieurs années.

L'histoire familiale est l'objet d'un récit plein de rebondissements qui navigue avec une grande maîtrise d'un personnage à l'autre. Les personnages principaux sont présentés par un long prologue en montage alterné ; ce sont ensuite de nombreuses scènes de groupe dans lesquelles l'attention se porte plus particulièrement sur l'un ou l'autre des membres de la famille. La famille semble condamnée pour survivre aux petits boulots ou aux escroqueries de plus ou moins grande envergure. Leila, exclue par les lois du patriarcat des scènes décisives de la vie sociale, est au sein de la famille l'élément dynamique qui essaie de secouer ses frères pour sortir de leur marasme commun. Elle représente la fraction progressiste de la société iranienne.

Le film décrit par ailleurs une société bloquée dans les traditions patriarcales, un système de clan dirigé par un "parrain", mais ces traditions, truquées, dominées par le souci de l'argent et du paraître, apparaissent comme un rempart ou un refuge face au déclassement des classes moyennes qui ne peuvent qu'observer l'émergence d'une classe de nouveaux riches. Saeed Roustayi excelle à filmer les scènes de foule, ici une révolte dans une usine et sa répression, là une fête de mariage somptueuse et somptuaire. Mais il n'est pas moins adroit pour filmer les éprouvantes scènes de huis clos dans l'exiguïté de la maison familiale. Les acteurs sont remarquables, à commencer par l'interprète de Leila, déjà admirée dans les films d'Asghar Fahradi, Taraneh Alidousti, féministe engagée qui n'est pas sans connaître les difficultés que cela entraîne en Iran.

Christine Champeaux

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