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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Tarik Saleh. Montage : Theis Schmidt. Image : Pierre Aim. Musique : Krister Linder. Décors : Roger Rosenberg. Costumes : Denise Ostholm. Producteurs : Kristina Aberg, Fredrik Zander.

 

Avec :
Tawfeek Barhom (Adam), Fares Fares (Ibrahim), Mohamed Bakri (général al Sakran), Machram Huri (Sheikh Negm), Mehdi Dehbi (Sizo), Sherwan Haji (Soliman).

La conspiration du Caire (Boy from Heaven)

Finlande, Maroc, Suède, France, 2022, 120min.

Prix du jury Interfilm Lübeck 2022

Réalisation : Tarik Saleh

Biographie :

Tarik Saleh, né en 1972 à Stockholm de père égyptien et mère suédoise, est d’abord dessinateur de graffiti puis présentateur vedette d’une émission télévisée et documentariste politique (Che Guevara, Guantanamo) avant de réaliser Metropia (2009, animation), Tommy (2014) puis un film noir, Le Caire confidentiel (2017, corruption de la police). La Conspiration du Caire a reçu le prix du Scénario au festival de Cannes en 2022.

Résumé :

Adam, simple fils de pêcheur, reçoit une bourse pour la prestigieuse université du Caire, Al-Azhar, épicentre du pouvoir de l’Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l’institution décède soudainement. Adam se retrouve alors au sein d’une lutte de pouvoir implacable entre les élites politiques et religieuses du pays pour la désignation d’un successeur.

Analyse :

Persona non grata dans l’Egypte de ses ancêtres, Tarik Saleh a dû tourner en Turquie ce film magistral, terrible, qui dénonce les barbouzeries sanglantes du pouvoir égyptien du maréchal al-Sissi. Il rappelle la force et la maîtrise du film de Costa Gavras, Z (1969) qui dénonçait la dictature des colonels grecs. C’est un film passionnant de bout en bout, avec un scénario machiavélique (inspiré par Le nom de la rose), un décor grandiose (la mosquée Suleymaniye d’Istanbul), les costumes et turbans colorés des musulmans (imams et élèves) et ce moment historico-religieux qui laisse pantois : une virilité triomphante odieuse tendant à priver la moitié féminine de l’humanité du plaisir de s’instruire. « Tu es un cœur pur, mais qu’Al Azhar va souiller de plus en plus », annonce un assistant de l’université au novice Adam. Le jeune homme que son entrée dans la célèbre université promet à un bel avenir se trouve pris dans une toile d’araignée (« dans quel merdier tu t’es mis, Adam ! ») avec les grands imams qui n’ont pas tous le même candidat pour le poste suprême, la Sécurité d‘Etat qui veut imposer le sien en infiltrant divers réseaux et les Frères musulmans. Le récit, plein de rebondissements et coups tordus, se déroule à un rythme soutenu, les rassemblements en plan large, somptueux, alternant avec des scénettes intimistes où s’ourdissent des complots. Les acteurs sont impeccables. Le jeune Tawfeek Barhom incarne un naïf attaché à sa famille et qui a en fin de compte la tête près du bonnet et le Libano-Suédois Fares Fares joue un officier dur, soumis aux ordres mais capable de s’attacher à l’espion qu’il a recruté. Un grand film politique.

Françoise Wilkowski-Dehove

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