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Fiche technique :
Réalisation : Erige Sehiri. Scénario : Erige Sehiri, Ghalya Lacroix, Peggy Haman. Producteur : Erige Sehiri. Directeur de la photographie : Frida Marzouk. Montage : Hafedh Laridi. Distributeur : Jour2fête.

Avec :
Ameni Fdhili (Sana), Fide Fdhili (Fidé), Feten Fdhili (Melek), Samar Sifi (Mariem), Leila Ohebi (Leila), Hneya Ben Elhedi Sbahi, Gaith Mendassi (Ghaith), Abdelhak Mrabti (Abdou).

Sous les figues

Allemagne, Suisse, France, Tunisie, 2022, 92min.

Réalisation : Erige Sehiri

Biographie :

Erige SEHIRI est une réalisatrice tunisienne née en France en 1982. Après une licence en administration des affaires, elle se tourne vers le journalisme et se forme en réalisation documentaire. Après plusieurs courts métrages, elle réalise son premier long, La voix normale, en 2018. Sous les figues (2022), son premier film de fiction, a été présenté à Cannes en 2022 dans la Quinzaine des réalisateurs.  

Résumé :

Un jour de récolte de figues dans un verger du Nord-Est tunisien.

Analyse :

Et on peut faire un film avec un sujet aussi mince ? Tout à fait. Et même un beau. Il suffit de se trouver dans ce verger en pleine nature quand, au début de la journée, y débarque en camionnette un groupe de jeunes filles en fleurs et de garçons du même âge ou à peine plus, accompagnées de quelques femmes plus âgées et d’un p’tit chef, conduisant bien sûr la camionnette. Tout un microcosme social, vite scénarisé en une sorte de chorégraphie où garçons et filles, par groupes de deux et allant d’une branche à l’autre et d’un arbre au suivant, dessinent les gestes du travail, tandis que les femmes plus âgées rassemblent les cagettes et trient les fruits, et que le p’tit chef joue au p’tit chef. On devine que cette chorégraphie va vite tourner au marivaudage et qu’autant de mini-fictions amoureuses vont bruire d’un arbre à l’autre. Autant de mini-fictions à peine esquissées mais magnifiées par la façon qu’a Erige Schiri de saisir la lumière à la Auguste Renoir et, à la Jean Renoir, de capter la fragilité de l’instant sur les visages. Bon, j’exagère peut-être un peu, mais à peine. Toutefois, derrière cette légèreté apparente et lumineuse se cache une réalité plus sombre. Entre pressions sexuelles exercées par le p’tit chef sur la jeune Mariem, pratique de la délation imposée à la vieille Leila, et rétribution du travail à la cote d’amour, on voit que les manifestations du pouvoir sont les mêmes ici qu’ailleurs et que le mirage d’un instant ne fait pas oublier l’existence de barreaux entourant la cage. La dernière image préserve toutefois l’illusion du mirage : qu’elles sont belles, ces quatre jeunes filles qui, la journée terminée, debout les cheveux au vent dans la benne de la camionnette qui les ramène chez elles, chantent à tue-tête la jeunesse, l’espoir, la vie !

Jean Lods

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