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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Giuseppe Tornatore ; musique : Ennio Morricone ; photographie : Fabio Zamarion et Giancarlo Leggeri ; son : Gilberto Martinelli et Fabio Venturi ; montage : Massimo Quaglia et Annalisa Schillaci ; distribution : Le Pacte.

Ennio

Italie, 2022, 156min.

Réalisation : Giuseppe Tornatore

Biographie :

Né en 1956 en Sicile, Giuseppe Tornatore est un réalisateur, scénariste, acteur italien. Son premier film date de 1985, Le Maître de la camorra. Mais ce qui est considéré comme son chef d’œuvre et qui lui a acquis une réputation mondiale c’est Cinéma Paradiso (1989), Grand prix du jury à Cannes et Oscar du meilleur film étranger. Après plusieurs autres longs métrages remarqués dont La légende du pianiste sur l’océan (1998), il réalise The best offer en 2014. Ennio, il maestro est son treizième film.

Résumé :

Somme sur la vie et l’œuvre d’un des grands musiciens du XXème siècle, Ennio Morricone, né en 1928, mort le 6 juillet 1920 (91 ans), deux ans jour pour jour avant la sortie de ce documentaire.

Analyse :

Ce magnifique documentaire nous transporte au sein de la musique d’Ennio Morricone, de sa création musicale. 2h36 de bonheur. Tornatore, très admiratif du maestro, l’a filmé pendant 5 ans. Il mêle des interviews de nombreuses personnalités du monde de la musique et du cinéma, mais surtout du maestro lui-même qui détaille la manière dont il a enfanté sa création. On découvre un être sensible, humble, presque timide, longtemps complexé de faire de la musique de films face à ses collègues et maître, anciens du conservatoire, notamment Goffredo Petrassi, qui considéraient qu’il se compromettait dans ce genre. On découvre aussi un être curieux, inventif, attiré par la musique atonale et à la tête de plusieurs œuvres dans ce registre, qui n’hésitait pas à utiliser le son d’une boite de conserve qui roule, d’une machine à écrire, d’un animal (le fameux cri de coyote dans Le Bon, la brute et le truand). Un être attachant, émouvant, les larmes aux yeux lorsqu’il repense à l’humiliation de sa jeunesse quand il était obligé de jouer de la trompette pour faire vivre la famille, son père trompettiste ne pouvant plus assumer son rôle. On découvre un homme toujours amoureux de sa femme qui l’a soutenu tout au long de sa vie et était sa première auditrice et critique. Quand on pense que l’académie des Oscars a attendu 2007 (il a 79 ans !) pour lui décerner un Oscar d’honneur, lui le compositeur aux 523 bandes originales dont quelques dizaines de chefs-d’œuvre ! De manière générale il a connu une reconnaissance internationale tardive, ses premières récompenses n’arrivant qu’en 1987 ; il a alors près de 60 ans. Le documentaire diffuse de larges extraits des films à la musique inoubliable, pour notre plus grand plaisir. Qui n’a pas en tête l’ample et splendide thème de Il était une fois dans l’Ouest (1968) et ses notes d’harmonica, ou celle, sublime qui accompagne en particulier Robert de Niro dans Il était une fois en Amérique (1984), ou bien la chanson de John Baez de Sacco et Vanzetti devenue un véritable hymne ? Des films qui sans sa musique ne seraient pas ce qu’ils ont été. Un documentaire, peut-être de facture classique, mais qu’il faut voir, absolument.

Marie-Jeanne Campana

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