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Fiche technique :
Réalisation : Hirokazu Kore-eda - scénario : Yûri Sakamoto - musique : Ryûchi Sakamoto - photographie : Ryûto Kondö - montage : Hirokazu Kore-eda - production : AOI Pro - distribution : Le Pacte.

Avec :
Sakura Andô (Saori Mugino), Eita Nagayama (Michitochi Hori, l’enseignant), Soya Kurokawa (Minato Mugino), Hinata Hiiragi (Yori Hoshikawa, camarade de Minato), Yûko Tanaka (Makiko Fushimi, la directrice de l’école)

L'innocence (Kaibutsu)(Monster)

Japon, 2023, 126min.

Cannes 2023, Prix du meilleur scénario

Réalisation : Hirokazu Kore-Eda

Biographie :

Né en 1962 à Tokyo, Hirokazu Kore-eda s’est fait connaître en France avec Nobody Knows présenté en 2004 au Festival de Cannes. Il est depuis très régulièrement invité à Cannes où il a reçu le Prix du Jury en 2013 pour Tel père, tel fils (également prix du jury oecuménique), la Palme d’or en 2018 pour Une affaire de famille (également prix du jury oecuménique) et le Prix du scénario en 2023 pour L’Innocence (présenté à Cannes sous le titre Monster). La plupart de ses films se déroulent au Japon et s’intéressent aux relations complexes à l’intérieur des familles.

Résumé :

Le comportement du jeune Minato est de plus en plus préoccupant. Sa mère, qui l’élève seule depuis la mort de son époux, décide de confronter l’équipe éducative de l’école de son fils. Tout semble désigner le professeur de Minato comme responsable des problèmes rencontrés par le jeune garçon. Mais au fur et à mesure que l’histoire se déroule à travers les yeux de la mère, du professeur et de l’enfant, la vérité se révèle bien plus complexe et nuancée que ce que chacun avait anticipé au départ...

Analyse :

Ce film est un film sur la vérité et sur la difficulté d’y accéder. Pour asseoir sa démonstration, Kore-eda reprend le dispositif qu’avait utilisé Akira Kurosawa dans son légendaire Rashomon : le récit successif par trois protagonistes de la même histoire. Saori, une mère aimante, s’inquiète pour son fils Minato, un pré-adolescent qui semble perturbé. Elle soupçonne son professeur de violences et demande des explications à la direction de l’école qui se répand en excuses et courbettes mais ne fait rien, obnubilée par la réputation de l’établissement. Mais alors qu’elle-même se pose de plus en plus de questions sur son fils, l’école change brutalement de position et le professeur doit démissionner en s’accusant d’avoir été violent avec Minato. On pourrait penser que cela clôt l’affaire, mais on reprend au début : le film redémarre, cette fois-ci du point de vue du jeune professeur, enthousiaste mais immature. Il interprète mal le comportement de Minato et intervient mal à propos, ce qui lui vaut sa condamnation qu’il estime injuste et le lynchage médiatique qui s’ensuit. Alors qu’il fait ses valises, il découvre qu’il s’est complètement trompé sur la relation entre Minato et un de ses camarades, Yori. Mais le film passe alors à un troisième point de vue, celui de Minato, et montre une relation profonde, amicale voire amoureuse, entre Yori et Minato. Ceux-ci ont découvert sur une vieille voie de chemin de fer un vert paradis pour cacher leurs amours enfantines et la révélation de leurs relations explique a posteriori nombre d’incidents restés inexpliqués. Cette construction complexe, d’une précision diabolique, a valu au cinéaste le Prix du scénario, entièrement mérité ; elle peut toutefois déconcerter le spectateur qui risque de se perdre dans les méandres des retours en arrière. Mais Kore-eda nous donne encore une fois un film d’une très grande délicatesse sur l’enfance et les relations familiales, en même temps qu’une critique de la société japonaise où le souci de la réputation peut l’emporter sur la recherche de la vérité.

Jacques Champeaux

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