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Fiche technique :
Réalisation : Todd Haynes. Scénario : Samy Burch. Dir Photo : Christopher Blauvelt. Décor : Sam LIsenco. Montage : Alfonso Gonçalves. Musique : “Le Messager” de Michel Legrand. Adapt. et musique originale : Marcelo Zarvos. Prod. : Natalie Portman, Sophie Mas, Pamela Koffler, Christine Vachon, Grant S. Johnson, Jessica Elbaum, Will Ferrell. Distr. fr : ARP Sélection.

Avec :
Natalie Portman (Elizabeth Berry), Juliane Moore (Gracie Atherton), Charles Mellton (Joe Yoo), Cory Michael Smith (Georgie Atherton).

May December

Etats-Unis d'Amérique, 2023
Cannes 2023, compétition

Réalisation : Todd Haynes

Biographie :

Immense cinéaste américain, né en 1961 à Los Angeles, venu du cinéma Underground, tout en s’affichant comme continuateur des grands cinéastes hollywoodiens, en particulier de Douglas Sirk, Todd Haynes est l’auteur de 14 longs-métrages dont les plus connus sont : Poison (1991), Velvet Goldmine (1998), Loin du paradis (2002), Carol (2015), Dark Waters (2019). 

Résumé :

Savannah, Géorgie, années 1970. Une jeune femme de 36 ans, Gracie, séduit un gamin de 13 ans, Joe. La découverte de leur amour provoque un énorme scandale. 23 ans plus tard, alors qu’ils se sont mariés et ont fondé une famille, Gracie accepte de rencontrer l’actrice, Elizabeth, qui doit jouer son personnage dans un film consacré à son histoire. 

Analyse :

Todd Haynes a choisi de ne pas filmer le pavé tombant dans la mare, mais d’en saisir les vaguelettes qu’il soulève encore, 23 ans plus tard. Car, sous la cicatrice formée avec le temps, la blessure reste ouverte. Un expéditeur anonyme continue de poster à Gracie un paquet d’excréments, tandis qu’elle-même, mise en quarantaine par une société à la rancune vivace, ne subsiste qu’en vendant des pâtisseries à un cercle restreint de fidèles. Quant au couple qu’elle forme avec Joe, lui aussi est atteint par le délitement. Un délitement que Gracie se refuse à accepter, voulant obstinément présenter au monde et à elle-même l’image d’un amour hors-normes, infini, éternel, et empêcher coûte que coûte l’écroulement de son château de rêve dont les murs ne tiennent plus que par les tapisseries.

L’arrivée d’Elizabeth chez Gracie va être à la fois l’introduction du ver dans le fruit et l’ouverture dans le film d’une nouvelle et fascinante dimension. Il y a quelque chose de Persona  dans la relation entre ces deux femmes dont l’une se raconte à l’autre pour que celle-ci prenne sa place dans une fiction. Il y a la blonde Gracie et la brune Elizabeth, la même taille, la même forme de visage, la même chevelure coulant sur les épaules, et les miroirs ne cessent de les multiplier, les plans de face de les associer, ceux en profil de les opposer. Mais, plus que cela encore, il y a cette façon qu’a Elizabeth de prendre possession de son rôle, de se couler pour cela dans une relation de plus en proche avec Joe, fantasmant d’abord son amour avec lui, puis passant à l’acte au cours d’une scène assez stupéfiante au terme de laquelle elle apparaît en pleurs, lisant la première lettre d’amour écrite autrefois par Gracie à Joe, avec un visage dont on ne discerne plus très bien s’il s’agit du sien ou de celui de Gracie, tandis que celle-ci, violemment remise en cause par Joe, voit l’image de leur amour parfait s’étoiler comme une vitre transparente sous le choc d’une pierre.

On ne saurait parler du personnage secret, solitaire, touchant, de Joe sans parler aussi de ces papillons monarques qu’il élève, dans une ombre discrète comme lui-même, depuis l’œuf posé sur une feuille jusqu’au dégagement du papillon hors de la chrysalide, et qui constituent une poignante métaphore de sa propre existence. Une fois le papillon éclos, Joe ouvre une vitre et le libère dans la nature. Saura-t-il lui-même se détacher de sa propre chrysalide et s’envoler ? La question reste ouverte.  

Jean Lods

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