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Fiche technique :
Réalisation : Howards Hawks ; scénario : Leigh Brackett ; image : Russell Sarlan ; montage : Stuart Gilmore ; musique : Henry Mancini ; distribution France : Les films Paramount.

Avec :
John Wayne (Sean Mercier), Hardy Kruger (Kurt Muller), Elsa Martinelli (Anna-Maria d'Alessandro 'Dallas'), Gérard Blain (Charles Maurey 'Chips'), Red Buttons ('Pockets'), Bruce Cabot (Petit Loup alias L'Indien), Michèle Girardon (Brandy de la Court), Valentino de Vargas (Luis Francisco Garcia Lopes).

Hatari

Etats-Unis d'Amérique, 1962, 157min.

Réalisation : Howard Hawks

Biographie :

Howards Hawks (1896-1977), producteur et réalisateur de films, est né d'une riche famille de l'Ouest. Formé dans de prestigieuses universités, il devint ingénieur, fut pilote de course, aviateur, puis tint différents métiers de cinéma (accessoiriste, monteur, assistant, enfin scénariste) avant de tourner son premier film en 1926 (L'ombre qui descend). Après huit muets vint en 1930 son premier parlant, La patrouille de l'aube. En près de cinquante films, il explora tous les genres : comédies, drames, films de gangsters, science fiction, film noir, films de guerre, westerns. Titres célèbres : Scarface (1932), Bringing Up Baby (1938), Only Angels Have Wings (1939), Le port de l'angoisse (1944), Le grand sommeil (1946), La rivière rouge (1948), La chose d'un autre monde (1951), Les hommes préfèrent les blondes (1953), Rio Bravo (1959). 

Résumé :

Une équipe de traqueurs d'animaux sauvages destinés à des zoos travaille en Afrique orientale. Leur principal client envoie auprès d'eux une photographe de vie sauvage, plus sensible qu'eux au bien-être animal, et très vivante, qui suscite dans le groupe de nouveaux motifs d'animation. 

Analyse :

Hatari ! est un beau film d'action, riche de paysages grandioses et de magnifiques images d'animaux. John Wayne et sa bande affrontent avec témérité et compétence les dangers d'une chasse, en principe non sanglante mais néanmoins fort dangereuse ; en témoigne l'accident dont est victime l'un d'eux en début de film. Les ruées des véhicules fonçant dans la savane aux trousses des gnous, zèbres ou buffles, bêtes magnifiques dont la force sauvage défie la brutalité des machines surpuissantes, nourrissent une excitation et une admiration qui rappellent l'ambiance de la corrida.

Toute une dramaturgie se développe en parallèle au sein de la troupe de chasseurs et des deux femmes – la photographe, et la jeune héritière du safari dont la féminité s'affirme. Concurrence entre jeunes coqs, vieux mâles cherchant à encore exister, facéties ou fantaisies avec les éléphanteaux, ces jeux s'insèrent dans les contraintes et les risques du métier qui réunit les protagonistes. On apprécie que Hawks, à son habitude, évite les pièges d'un film 'de mecs' et les valeurs viriles, force et courage, sont présentes, mais pas envahissantes. 

Un intérêt additionnel tient à la vision de ce film de 1962 soixante ans plus tard. Quelques exemples illustreront la vitesse du temps qui passe et transforme sinon la société, du moins son regard sur le monde. Le premier est la sauvagerie de la chasse faite aux bêtes ; les courses éperdues des animaux innocents, harcelés par des machines et des engins impitoyables, que le motif en soit l'excitation du jeu ou l'avidité du gain, sont aujourd'hui, pour beaucoup d'entre nous, insupportables à contempler. Accessoire de ces poursuites, le gaspillage effréné et ravageur des gros moteurs qui brûlent sans compter et sans raison nous choque avec brutalité. Plus profond, l'image donnée des habitants de l'Afrique est inacceptable aux yeux actuels : d'une part, les employés africains de l'entreprise, subordonnés par définition et prompts au garde-à-vous à la moindre injonction de leurs supérieurs Blancs ; d'autre part, les rares images de vie 'traditionnelle', comme celles – fort belles – du puisage de l'eau pour abreuver le troupeau des bergers Masaï, en un contraste montré et vécu comme naturel avec le mode de vie des Occidentaux en goguette.

Un vrai plaisir de cinéphilie et de découverte du monde, qu'épicera en outre, chez certains anciens, un peu de nostalgie coupable pour un monde qui n'est désormais plus qu'un souvenir.

Jacques Vercueil

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