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Avec :
Lili Farhadpour (Mahin). Esmaeel Mehrabi (Faramarz). Mansoore Ilkhani (Puran).
Prix du jury oecumenique Berlin 2024
Réalisation : Behtash Sanaeeha, Maryam MoghaddamNée à Téhéran mais diplômée en Suède, elle est actrice notamment dans Pardeh (2013) de Panahi, Ours d’argent à Berlin. Lui, né à Shiraz, architecte puis scénariste, réalise des courts métrages et des documentaires. Ensemble, dans la vie comme à l’écran, ils écrivent Risk of acid rain (2015) et Le pardon (2021), film nourri d’autobiographie et acclamé, mais interdit en Iran.
Résumé :
Mahin a 70 ans et vit seule à Téhéran. Bravant tous les interdits, elle décide de réveiller sa vie amoureuse et provoque une rencontre avec Faramarz, chauffeur de taxi. Leur soirée sera inoubliable.
Analyse :
Prix du Jury oecuménique à Berlin, le film débute sur une scène extraordinaire de spontanéité, de complicité, et de drôlerie. Quatre ou cinq vieilles copines papotent autour d’un goûter chez l’une d’entre elles qui les reçoit, l’héroïne du film, Mahin, 70 ans, qui a choisi, scandale dans une société traditionnelle, de vivre seule. Pour autant Mahin, vieillissante et manifestement en quête d’amour comme une jeune fille en son printemps, regarde chez elle des romances à la télé ! Ainsi se cachent-elles toutes loin des hommes et sans voile. Elles se racontent leur vie, plaisantent, et cherchent à vivre ou revivre des émotions amoureuses dont trop souvent elles ont été frustrées. Plus tard Mahin, enivrée par ces échanges, sort, gagne un bar, s’assoit, et s’émeut en repérant un homme isolé à une table, Faramarz, qui lui plaît et à qui elle fait les yeux doux. Il s’agit d'un chauffeur de taxi qu’elle s’efforce de retrouver après qu’il a quitté le bar, et qui acceptera de la ramener chez elle. Elle pense déjà l’aimer et s’abandonne à sa tendresse auquel répondra progressivement mais avec intensité et une très grande pudeur la propre flamme de Faramarz. Dès lors l’intimité croissante du couple se déroulera à huis-clos dans l’appartement de Mahin. Le film déploiera avec une simplicité, une lenteur calculée, une sensibilité et une empathie extrême la fusion de deux âmes solitaires qui sortent de leur cocon et s’ouvrent à ce qui pourrait devenir un bonheur qu’ils n’ont jamais connu, tandis que confusément nous revient en mémoire le célèbre poème d’Aragon que chantait Brassens. Le film est ainsi tissé de ces petits moments d’émotions partagées, dont la mise en scène approfondit constamment la diversité des expressions sur les visages, dans les yeux, et à travers des dialogues d’une économie bressonienne. Sans arriver à y croire, Mahin et Faramarz, interprétés par deux splendides acteurs merveilleusement dirigés, se délectent de leur félicité. Ils la dégustent, comme le vin persan de Chiraz dans lequel communie leur passion naissante, mais déjà d’une si douce violence qu’elle échappera à leur contrôle, jusqu’à la conclusion surprenante de cette singulière histoire d’amour.
Jean-Michel Zucker
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