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Avec :
Robert Pattinson (Mickey), Naomi Ackie (Nasha), Steven Yeun (Timo), Mark Ruffalo (chef expédition), Toni Collette (la femme du chef).
Bong Joon-ho, né en 1969 à Séoul, a fait des études de sociologie puis de cinéma à l’Académie coréenne du cinéma. Son premier long métrage, Barking dog, est sorti en 2000. Suivront : Memories of murder (2003), The host (2006), Mother (Cannes 2009), Le transperceneige (2013), Okja (2013), Parasite (Palme d’or à Cannes 2019).
Résumé :
Une expédition dans l’espace embarque des volontaires acceptant de participer à l’implantation de l’espèce humaine sur la planète glaciaire Niflheim. Parmi eux, Mickey Barnes auquel on accorde un contrat particulier : s’il meurt, il sera ‘remplaçable’ à merci, réimprimable par photocopieuse 3D.
Analyse :
Bong Joon-ho reprend ici un de ses genres favoris, le film d’anticipation, mais, loin du sérieux et du pessimisme de Snowpiercer ou d’Okja, il réussit avec maestria un audacieux mélange de science-fiction, de suspense, d’humour burlesque et de film politique. Le réalisateur fait de la mort un objet de dérision et de rire frondeur. La mort est en général une chose avec laquelle on ne plaisante pas et, lorsqu’un mort ressuscite, c’est un fantôme comme dans L’aventure de Mme Muir (Joseph Mankiewicz, 1947). Ici c’est le même Mickey Barnes qui revient toujours sous la même forme mais pas avec exactement le même caractère. En effet, il est, dans cette expédition de plus de 4 ans, employé comme ‘photocopiable’ et, nous en sommes, au début du film, avant les flash-backs, à la dix-septième copie, d’où le titre du film. Lors d’une expédition sur la planète, Mickey 17 tombe dans une crevasse (c’est au tout début du film) et passe pour mort. On imprime alors Mickey 18 et la coexistence des deux Mickey aux caractères opposés va être source de nombreux incidents. A côté du personnage principal gravitent nombre de farfelus mais le plus étonnant est le chef de l’expédition car, même si le roman a été écrit il y a quelques années, impossible de ne pas penser à Donald Trump devant ce personnage de colonisateur en chef, démagogue en diable, évangéliste convaincu : mêmes traits physiques, mais ici le chef est affublé d’une épouse encore plus folle que lui. Les habitants de la planète - le peuple premier - sont de gentilles créatures pacifiques, sortes de petits cochons - référence à Okja- à peau d’éléphant et pourvus de tentacules. Le colonisateur en chef ne pense qu’à les détruire au lance flammes alors que Mickey 17 et 18 veulent les sauver. Là aussi on peut penser à des hommes politiques contemporains. Le film repose beaucoup sur les épaules de Robert Pattinson, magnifique clown qui jongle avec brio entre tous ses Mickey. Dans des couleurs froides et sur une musique particulièrement variée et savante, Mickey 17 est un blockbuster futuriste qui nous réjouit.
Jean Wilkowski
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