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Fiche technique :
Réalisation : Lionel Baier. Scénario : Lionel Baier et Catherine Charrier, d’après le roman La cache, Prix Femina 2015, de Christophe Boltanski). Photographie : Patrick Lindenmaier. Montage : Pauline Gaillard. Musique : Diego, Lionel et Nora Baldenweg. Distribution : Films du Losange.


Avec :
Dominique Reymond (mère-grand), Michel Blanc (père-grand ) William Lebghil (grand-oncle ), Aurélien Gabrielli (Petit oncle), Ethan Chimienti (le garçon), Liliane Rovère (Arrière-pays).

La cache

Suisse, Luxembourg, France, 2025, 85min.

Réalisation : Lionel Baier

Biographie :

Lionel Baier, né en 1975 à Lausanne dans une famille polonaise, est un acteur, scénariste, réalisateur et producteur suisse. Après Garçon stupide, son premier long-métrage, sa filmographie alterne fiction et documentaires. Deux de ses films seront présentés au festival de Locarno : Un autre homme (2008) et La Vanité, une comédie sur le suicide assisté (2015, 4 nominations au Prix du cinéma suisse).

Résumé :

Christophe, 9 ans, vit les événements de Mai 68, depuis l’appartement de ses grands-parents, rue de Grenelle à Paris où habitent aussi ses oncles et son arrière-grand-mère, une ex-Soviétique juive venue d’Odessa.

Analyse :

Radio, télévision et media pointent ‘le campus de Nanterre’, des étudiants ‘enragés’, des mises en garde du Premier ministre Pompidou, l’inquiétude de Gaulle… on est en Mai 1968 et chez la famille Boltanski, des intellectuels parisiens, on parle aussi de Jean-Louis Barrault et de l’occupation de l’Odéon. La cache une comédie dramatique, à la fois légère et grave ; le souvenir douloureux de la guerre n’est pas loin, à deux décennies seulement. Le récit d’un petit garçon nous introduit dans l’appartement bourgeois de sa famille, rue de Grenelle. Evoluant sur une musique agréable, originale, les personnages sont très bien incarnés. Assez baroque dans sa tanière pleine de souvenirs, Liliane Rovère vit avec son arrière petit-fils des moments de grâce quand elle lui raconte Odessa et ses conversations avec ‘Sérioja’ (comprendre Serge Prokofiev) dans un français mêlé de yiddish, ou quand elle écoute ‘Nikolaï’ (comprendre Rimski Korsakov, Shéhérazade). Le grand-père médecin est joué par un excellent Michel Blanc, dont c’est le dernier rôle, et la grand-mère par Dominique Reymond, qui, handicapée, passe ses journées dans son Ami 6 rouge où elle a installé une plaque chauffante et une bouilloire. On s’amuse de revoir l’esprit 68 libertaire, un peu arrogant, un peu snob et assez naïf. Une certaine critique est sous-jacente comme lorsque le fils aîné passionné de structuralisme se lance dans un discours abscons qui laisse ses interlocutrices béates. Tables en formica, lecture de Spirou, une seule chaîne de télévision, ceintures de sécurité non obligatoires… la reconstitution est correcte mais le ‘temps calme’ des enfants a 30 ans d’avance ! L’existence d’une cache dans l’appartement ayant abrité le grand père pendant la guerre (d’où le titre) est révélée de façon inattendue et cocasse tandis que le petit s’entiche d’un paletot avec une étoile jaune ressorti d’une armoire. Une histoire assez foutraque, un peu mélancolique et non dénuée d’humour qui ose une énième citation de la dernière scène d’A bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1960): ‘Qu’est-ce que ça veut dire dégueulasse’ ?

Françoise Wilkowski-Dehove

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