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Avec :
: Golshifteh Farahani (Azar Nafisi), Zar Amir Ebrahimi (Sanaz), Mina Kavani (Nassrin), Bahar Beihaghi (Mahshid), Isabella Nefar (Manna), Lara Wolf (Azin), Arash Marandi ( Bijan), Shahbaz Noshir (le magicien).
Eran Riklis, né en 1954 à Beer-Sheva, a été mobilisé pour la guerre du Kippour en 1973 avant d’étudier à Tel Aviv et de devenir un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma. Après Zohar (1993), Vulcan Junction (2000), La fiancée syrienne (2004) et Les citronniers (2007, Prix du Public au Festival de Berlin), il reçoit un Ophir (équivalent d’un César) pour Le voyage du directeur des ressources humaines (2010). Suivront aussi Mon fils (2014) et Spider in the web (2019).
Résumé :
En 1979, l’Iranienne Azar Nafisi, enseignante en littérature anglophone aux Etats-Unis, revient à Téhéran pour enseigner à l’université. Mais très vite la révolution islamiste impose discriminations à l’égard des femmes, port du voile, censure, peine de mort. Comment la littérature peut-elle aider à vivre sous la dictature ?
Analyse :
Eran Riklis, en portant à l’écran l’autobiographie d’Azar Nafisi, décrit l’installation de la dictature islamiste en Iran, après le départ du Shah et le retour à Téhéran de l’ayatollah Khomeiny en 1979. De facture assez classique, Lire Lolita à Téhéran s’appuie sur un casting très convaincant, très engagé, dont l’actrice Golshifteh Farahani, qui avait elle-même dû quitter son pays en 2009. Pour la première fois depuis cette date, elle a tourné dans sa langue, le farsi. La plupart des autres acteurs et actrices viennent également de la diaspora. Le tournage s’est déroulé à Rome et à Palerme. Le film montre la rapidité, la brutalité et la cruauté avec lesquelles les mollahs ont installé leur théocratie islamique, en menant une guerre implacable aux femmes. Lors d’un cours sur The Great Gatsby, Azar Nafisi est accusée par ses étudiants masculins de prôner l’adultère. Refusant de porter le voile, elle perd son poste à l’université. Les manifestations étudiantes sont réprimées dans le sang et par la peine de mort. Mais la professeure refuse de se soumettre et elle entre en résistance, avec ses propres armes, les livres. Revenue à l’université, voilée, elle décide de contourner la censure contre les romans occidentaux, en organisant chez elle des cours secrets pour ses étudiantes. Un petit groupe d’élèves prend le risque, sept jeunes femmes qui ont souvent maille à partir avec leur famille. Mais, un jour par semaine, chacune se fait belle, apporte des fleurs ou des friandises et chez la professeure toutes vivent un moment exceptionnel de plaisir, de liberté et d’amitié. Elles rendent hommage à des écrivains, comme Nabokov (pour Lolita), à Henry James(Daisy Miller) ou à Jane Austen (Orgueil et préjugés). La fiction, explique Azar Nafisi, permet de s’ouvrir aux ‘complexités de la vie’ et nous transforme.
Mais cette immersion dans la littérature peut-elle suffire dans le contexte d’un tel régime ? Le film a été tourné à l’époque du mouvement Femmes, Vie, Liberté, dont on entend la chanson symbole, Baroyé (‘pour’ en persan, c’est-à-dire d’abord : pour la liberté !).
Françoise Wilkowski-Dehove
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