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Avec :
alérie Donzelli (Astrid), Frédéric Pierrot (Charlie), Mathieu Spinosi (Georges,1er violon), Emma Ravier (Apolline, alto), Daniel Garlitsky (Peter, 2ème violon), Marie Vialle (Lise, violoncelle), François Ettori (le luthier).
Né en 1976, il est d’abord journaliste, puis navigateur : en 2007, il traverse l’Atlantique en solitaire sur un voilier de 6,5 mètres et collabore avec Stéphane Viard pour la télévision, Vingt-quatre heures par jour de mer, et le cinéma, L’air de rien (2012), une comédie grinçante. Après Les parfums (2020), ce film est son 3ème long métrage.
Résumé :
Astrid Thompson parvient enfin à réaliser le rêve de son père : réunir quatre Stradivarius pour un concert unique attendu par les mélomanes du monde entier. Mais Lise, George, Peter et Apolline, les quatre virtuoses recrutés pour l’occasion, sont incapables de jouer ensemble. Les crises d’égo se succèdent au rythme des répétitions. Sans solution, Astrid se résout à aller chercher le seul qui, à ses yeux, peut encore sauver l’événement : Charlie Beaumont, le compositeur de la partition.
Analyse :
Disons d’emblée qu’il n’est pas nécessaire d’être un mélomane éperdu pour goûter cette comédie souvent burlesque mais aussi intelligente que sensible. Dans la musique savante, le quatuor à cordes est l’une des formes les plus séduisantes mais aussi les plus difficiles car les quatre musiciens -premier violon et deuxième violon, alto et violoncelle- doivent, fruit d’une longue entente, parfaitement s’accorder. C’est pour satisfaire le rêve de son père, un mécène mélomane récemment disparu, qu’Astrid a recherché quatre virtuoses capables d’exalter la sonorité de quatre instruments uniques, des Stradivarius prodigieux sortis de l’atelier du célèbre luthier. Ils sont enfin réunis dans le prologue où un plan surprenant présente l’intérieur d’un violoncelle; mais dans le huis-clos des répétitions où les égos s’affrontent réussiront-ils à créer entre eux l’harmonie indispensable au succès du concert? C’est là tout l’enjeu de ce film choral rehaussé par la partition de très grande qualité de Grégoire Hetzel qui épouse la dramaturgie d’une narration sans prétention, émaillée cependant de trouvailles scénaristiques réjouissantes. Si le premier violon, au centre des scènes les plus comiques, est le seul à être aussi un acteur professionnel, les quatre interprètes du quatuor sont d’authentiques musiciens, et leurs personnages nettement caractérisés, qui ne se connaissent pas ou se retrouvent, devront cheminer l’un vers l’autre et accepter les ajustements et les concessions qui leur permettront de communier dans la musique. Astrid -très convaincante Valérie Donzelli- à la piété filiale déterminée, mais consciente du chaos qui s’installe entre les exécutants, va supplier, malgré une première rebuffade, le compositeur, Charlie Beaumont, de venir à son aide pour apaiser les tensions. Celui-ci, magnifiquement interprété par Frédéric Pierrot, viendra longuement expliquer avec patience et conviction aux musiciens que leur performance ne dépendra pas de leur instrument mais de leur écoute mutuelle et que lorsqu’on ne peut plus se parler, on peut encore s’entendre. Grâce à son intervention, le spectateur auditeur percevra dans le concert final la sensualité qui émane d’un quatuor qui, comme un seul instrument fait de quatre voix, donne l’impression d’une fusion et fait qu’on ne sait plus qui joue quoi.
Jean-Michel Zucker
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