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Avec :
Adrian Vancica (Gelu), Nicoleta Hancu (Florina), Emilia Dobrin (Margareta), Iulan Postelnicu (Le guide).
Réalisateur, scénariste et producteur roumain, Bogdan Mureșanu, né en 1974, est diplômé de l’Université nationale d’art théâtral et cinématographique de Bucarest. Il a été sélectionné dans de nombreux festivals internationaux pour ses courts métrages et Le cadeau de Noël, son second court métrage, a remporté le Grand Prix du Festival de Clermont-Ferrand en 2019. Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé, son premier long métrage, a été primé à Venise en 2024.
Résumé :
Bucarest, 20 décembre 1989. La Roumanie qui vit sous la dictature du président Nicolae Ceausescu (1918-1989) est au bord de la révolution. Les autorités préparent les festivités du Nouvel An. Dans l’effervescence de la contestation, six destins vont se croiser au fil d’une journée pas comme les autres.
Analyse :
Un réalisateur de télévision, son fils, une actrice de théâtre, une vieille dame que l’on expulse et qui lutte contre son fils policier, un simple ouvrier : ces six personnages arrivent en désordre dès le début du film et faut attendre un peu pour que des liens se créent et que l’histoire d’une des dernières journées du règne de Nicolae Ceausescu s’écrive. Le réalisateur adopte l’attitude de Lubitsch dans To be or not to be (1942), la tragi-comédie. Comme son illustre prédécesseur, Bogdan Muresanu nous montre l’absurdité et la cruauté du régime en place : émission télé à la gloire du dictateur, à laquelle personne ne croit, enrôlement des ouvriers pour manifester, destruction de maisons anciennes sans raison, pénuries d’eau chaude, d’électricité, de produits alimentaires… et en contre point des scènes franchement comiques comme celle du petit garçon de l’ouvrier. Marius, 6 ans, a écrit une lettre au Père Noël pour lui demander une locomotive pour lui, un sac pour sa mère et ‘la mort de Nico’ (il s’agit de Ceausescu bien sûr) pour son père, dont il sait que c’est le rêve! Et malheureusement cette lettre a déjà été postée ! Il y a aussi la vieille dame expulsée qui revient chez elle et organise son suicide au gaz… interrompu par une coupure !. Le réalisateur insiste avec justesse sur le côté paranoïaque des personnages partagés entre leur soumission au régime dictatorial et à la Securitate d’une part et la dure réalité de leur vie quotidienne, mais ‘il vaut mieux en rire qu’en pleurer’, d’autre part. Le film s’achève sur la chute connue du dictateur et les dernières manifestations du régime, annonçant un Nouvel an plein d’un espoir de liberté, sur la musique entêtante du boléro de Ravel.
Jean Wilkowski
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