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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Emmanuel Finkiel – Photo : Alexis Kavyrchine - Montage : Anne Weil - Pas de musique - Distribution :  Ad Vitam et WestEnd Films.


Avec :
Mélanie Thierry (Mariana), Artem Kyryk (Hugo).

La chambre de Mariana

France, 2025, 130min.

Réalisation : Emmanuel Finkiel

Biographie :

Emmanuel Finkiel, né en 1961, a été assistant réalisateur, entre autres, de Jean-Luc Godard, Krzysztof Kieslowski et Bertrand Tavernier. Il tourne plusieurs courts métrages et se fait connaître du grand public pour ses longs métrages autour de la Shoah : Voyages (1999) et La douleur (2017), tous deux interprétés par Mélanie Thierry.

Résumé :

Ukraine, 1942. Hugo, un jeune juif de 12 ans, est confié par sa mère à Mariana, une amie prostituée, afin qu’il échappe à la Shoah. Il est caché pendant presque 2 ans dans le placard de la chambre de cette dernière. A l’arrivée de l’Armée rouge, ils sortiront de la maison close pour se confronter à leur destin.

Analyse :

Adapté du roman éponyme de l’écrivain israélien Aharon Appelfeld, ce film montre l’évolution d’Hugo, des rapports qu’il entretient avec le monde, et particulièrement avec Mariana.

Confiné dans son placard où seuls des trous lui permettent de voir des bribes du monde extérieur, ou bien enfermé dans la chambre de sa protectrice où il peut apercevoir un bout de la rue par la fenêtre, Hugo tente d’interpréter ce monde, avec pour tout bagage les connaissances d’un enfant de 12 ans. Cette solitude forcée et les bruits qui l’entourent mais qu’il ne sait ni ne peut comprendre, éveillent en lui des souvenirs, provoquent des rêveries.

Emmanuel Finkiel réussit ce tour de force de filmer l’enfermement sans que l’on s’ennuie une seconde, grâce d’une part à un montage très habile et d’autre part à l’expressivité de son jeune acteur, Artem Kyryk, que le réalisateur qualifie de « miracle » dans une interview à France culture. Ainsi, ce film illustre remarquablement le passage de la réalité au rêve, notamment dans la première partie du film, quand Hugo transforme les sons et les bribes d’images qu’il perçoit en souvenirs magnifiés de sa famille et de sa vie d’avant.

Hugo va progressivement s’éprendre de Mariana : une femme fantasque, alcoolique, une prostituée rebelle, mais qui a un « cœur pur ». Elle peut l’oublier dans son placard pendant des heures, le houspiller, mais elle prendra toujours soin de lui comme s’il était son propre fils. A noter l’interprétation magistrale de Mélanie Thierry, tour à tour lumineuse, mélancolique, colérique, qui joue son rôle en ukrainien comme s’il s’agissait de sa langue maternelle.

E. Finkiel choisit de s’éloigner du roman en montrant explicitement la Shoah en Ukraine : chasse aux Juifs (une prostituée de la maison est d’ailleurs raflée), assassinats par balles, risque de délation au sein de la maison close qui n’est évitée que par la corruption, grâce à Mariana. Une situation qui va se retourner lorsque les prostituées tentent d’adopter le jeune Hugo comme une mascotte pour se défausser de leur collaboration avec les soldats allemands quand l’Armée rouge arrive !

Enfin, le thème de l’éveil de la sensualité est abordé avec beaucoup de pudeur. Mariana cajole Hugo sans perversité, le baigne, partage son lit avec lui. Or Hugo fête ses 13 ans : le passage à l’âge adulte selon la loi juive. Et progressivement, leur relation va évoluer : il prendra seul des décisions qui les concernent et n’est plus un petit garçon apeuré. Leur fuite devant l’arrivée de l’Armée rouge les rapprochera une ultime fois et scellera leurs destins divergents.

Elina Cuaz

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