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Avec :
Renate Reinsve (Nora), Stellan Skarsgard (Gustav), Inga Ibsdotter Lilleaas (Agnès), Elle Fanning (Rachel).
Joachim Trier, né en 1974 à Copenhague, est norvégien et danois. Petit fils de réalisateur et fils d’un ingénieur du son, il a d’abord tourné des courts avant de réaliser Nouvelle donne (2007). Ses films suivants, Oslo, 31 août (2011) et Plus fort que les bombes (2015) ont été présentés à Cannes. Julie (en 12 chapitres) a valu à son actrice principale, Renate Reinsve, le prix d'interprétation féminine à Cannes en 2021. Valeur sentimentale a reçu le Grand Prix de Cannes 2025.
Résumé :
Nora est une actrice de théâtre confirmée. Son père, Gustav, cinéaste de renom, longtemps resté loin de ses filles, revient pour lui demander de jouer dans son prochain film. Celle-ci refuse, dans un premier temps.
Analyse :
Assez curieusement le film commence par la description d’un personnage non humain, une grande et belle maison, qui a abrité et abrite encore trois générations, tout en étant affligée d’une profonde fissure. Cette maison parle par la voix de Nora enfant qui lit sa rédaction. Cela nous conduit à découvrir peu à peu l’histoire de sa famille, depuis la grand-mère emprisonnée par les Allemands en 1943, pour faits de résistance, jusqu’au père, le personnage principal du film. Ce dernier est magnifiquement interprété par Stellan Skarsgard, un familier du réalisateur. Celui-ci réalise ici un montage parfait de petites scènes, séparées par des coupures brutales au noir et présentées sans ordre chronologique. Cela ne facilite pas toujours la compréhension immédiate de l’action mais l’ennui ne vient jamais, malgré la longueur du film. Évidemment, le vrai sujet du film est l’analyse d’une cellule familiale déchirée par les rancœurs et les fantômes d’antan, et ceux-ci ne manquent pas : traumatismes familiaux liés à la guerre, divorce des parents, abandon du domicile familial par Gustav, pourtant père de deux fillettes, Nora et Agnès, suicide de la mère par pendaison, tentative de suicide d’Agnès, difficiles débuts au théâtre de Nora, etc. « On n’arrive pas à se parler », résume ainsi Nora (formidable Renate Riensve, autre artiste fétiche de Joachim Trier). Effectivement la communication n’est pas facile entre le père qui revient et ses deux filles, Agnès la cadette qui a joué dans les films de son père quand elle était enfant et est maintenant mariée et mère d’un fils, et Nora, l’ainée, devenue actrice reconnue de théâtre et pour laquelle Gustav a écrit un scénario lui donnant le premier rôle. Sans doute espère-t-il que le cinéma lui permettra de retrouver sa place dans la maison familiale grâce à la puissance réparatrice de l’art. Un cinéma dense et passionnant, qui a bien mérité son Grand Prix à Cannes.
Jean Wilkowski
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