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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Carla Simon. Montage : Sergio Jimenez et Ana Pfaff. Image : Hélène Louvart. Son : Eva Vallino. Musique : Ernest Pipo. Costumes : Ana Aguila. Production : Elastica Films. Coproduction : Vental cinéma, Dos Soles, Romeria vigo, ZDF Arte. Distribution : Advitam distribution.


Avec :
Llucia Garcia (Marina) Mitch Robles (cousin Nuno) Tristan Ulloa (oncle Lois) Alberto Garcia (oncle Iago) Janet Novas (tante Xulia) Myriam Gallego (tante Olalla) José Angel Egido (grand-père).

Romeria

Espagne, Allemagne, 2025, 115min.

Réalisation : Carla Simon Pipo

Biographie :

Carla Simon est une scénariste et réalisatrice espagnole diplômée de la London Film School. Née en 1986, elle grandit en Catalogne. Eté 93 (2017) son premier long métrage, est autobiographique. Prix du meilleur premier film à la Berlinale. Son second film, Nos soleils (2022,) une chronique familiale, a reçu l’Ours d’Or à la Berlinale. Romeria (2025), son troisième film, a été sélectionné en Compétition officielle au Festival de Cannes. La famille est le thème central de ses films, traité dans une veine autobiographique.

Résumé :

Marina, 18 ans, orpheline adoptée par une famille catalane, se rend dans la ville portuaire de Vigo en Galice afin d’obtenir pour ses études de cinéma un document d’état civil établissant sa filiation. Caméra en main, journal intime de sa mère en poche, Marina va rencontrer sa famille paternelle qu’elle ne connait pas.

Analyse :

Ce film se déploie sur deux temporalités. Juillet 2004, nous découvrons Marina dressée sur le pont d’un bateau filmant son arrivée à Vigo. Mais une voix off nous parle des années 1980, c’est le récit fait par sa mère dans son journal intime. Ce présent et ce passé vont s’entremêler tout au long du récit.

Ses parents sont tous deux morts du sida et l’arrivée de Marina va faire ressurgir le passé dans cette famille très nombreuse. Très vite ses oncles et tantes vont donner chacun à leur tour une version marquée par la volonté d’enfouir ce passé. Elle va découvrir le souvenir laissé par la vie dissolue de ses parents et surtout sans le nommer ce que le sida a charrié de honte, de non-dits, de peur, de douleur à l’intérieur de cette famille. Leur accueil bien que chaleureux est ambivalent. Surtout celui de ses grands-parents qui n’ont pas voulu reconnaître Marina sur l’acte de décès de leur fils.

Lassée, Marina va s’échapper de ces récits incomplets en partant filmer la vie de ses parents guidée par la voix de sa mère. Elle filme ce qui échappe au cadre, leur vie au soleil, la mer, les voiliers, leur amour fou. Des images imparfaites, un peu tremblées, ponctuées de zooms trop rapides. Comment filmer l’absence, s’inventer des souvenirs ?

Chaque fois que Marina se rapprochera de ses parents à travers l’espace et l’imagination la musique incisive sortie d’un violoncelle, plus dure qu’agréable, surgit pour marquer sa volonté, sa ténacité et sa colère contenue. Elle ira au bout de ce pèlerinage (cette Romeria) en ressuscitant ses parents dans un long flashback onirique. Marina (double fictif de la réalisatrice) et son cousin Nuno prendront leur place dans des images vivantes fantasmant le souvenir. Mêlant le présent et le passé, elle regardera en face leur dérive et leur déchéance dans la drogue.

Le talent de Carla Simon est magistral dans l’analyse des liens et des sentiments au sein de cette famille. La veine autobiographique fait son œuvre. En revanche, la réalisatrice est moins convaincante pour montrer la quête fictionnelle menée par Marina.

Un film courageux sur la mémoire historique de l’Espagne par l’évocation de la face cachée de La Movida. La période postfranquiste qui a vu une génération marquée par la dépendance à l’héroïne et l’émergence du virus du sida. La grâce de Llucia Garcia, jeune actrice débutante, porte ce film solaire.

Anny Blanchard

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