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Avec :
Claes Bang (Johan Otto von Spreckelsen) – Sidse Babett Knudsen (Liv von Spreckelsen) – Xavier Dolan (Jean-Louis Subilon) – Swann Arlaud (Paul Andreu) – Michel Fau (François Mitterrand) – Micha Lescot (Leloup).
téphane Demoustier, né en 1977, diplômé de sciences politiques et de HEC, a commencé sa carrière au ministère de la Culture avant de bifurquer vers le cinéma. Il est le réalisateur d’une dizaine de courts et longs métrages dont les deux derniers, La Fille au bracelet, un film de procès passionnant, et Borgo, un film policier sur une surveillante de prison impliquée dans un assassinat en Corse, ont été appréciés autant par la critique que par le public.
Résumé :
1983, François Mitterrand décide de lancer un concours d'architecture international pour le projet de la Grande Arche de la Défense, dans l'axe du Louvre et de l'Arc de Triomphe. A la surprise générale, Otto von Spreckelsen, architecte danois, remporte le concours. Du jour au lendemain, cet homme de 53 ans, inconnu en France, débarque à Paris où il est propulsé à la tête de ce chantier pharaonique. Et si l'architecte entend bâtir la Grande Arche telle qu’il l’a imaginée, ses idées vont très vite se heurter à la complexité du réel et aux aléas de la politique.
Analyse :
Le film est d’abord une caricature des « ors du pouvoir », du fonctionnement de la machine administrative française au plus haut niveau, celui de l’Élysée. On rit souvent mais cela reste assez superficiel et l’on a un peu de mal à reconnaître François Mitterrand en Michel Fau. Mais l’essentiel n’est pas là. Beaucoup plus intéressante est la réflexion sur l’architecte aux prises avec tout ce qui l’empêche de réaliser son œuvre, un thème qui a été traité récemment par le film de Brady Corbet, The Brutalist, mais ce dernier était le récit dramatique de la confrontation de deux egos surdimensionnés alors que L’inconnu de la Grande Arche traite le sujet sur le mode de la comédie satirique. Otto von Spreckelsen se heurte aux difficultés courantes sur un très grand chantier : calendrier tendu, normes techniques mal adaptées, complexité technique, financement. Or cet architecte danois est un intellectuel plus qu’un homme de terrain, un professeur respecté mais qui n’a jamais réalisé, comme il le dit lui-même, lors de la conférence de presse qui suit sa désignation, que « sa maison et quatre églises ». On lui adjoint, avec son accord, un architecte de renom qui, lui, a déjà mené à bien de très grands projets, notamment l’aéroport de Roissy 1, Paul Andreu. Ce dernier est de bonne volonté mais il se heurte à l’intransigeance de Spreckelsen, qui, révolté par les modifications, apportées à son projet, finit par démissionner. Il ne verra jamais son œuvre achevée car il meurt d’une crise cardiaque en 1987, au Danemark. Le film laisse le spectateur dans le doute (et ce choix me semble judicieux) : est-ce que la volonté politique d’aller vite et de ne pas trop dépenser a vraiment dénaturé le projet ou est-ce que Spreckelsen était un idéaliste rigide incapable d’accepter le plus infime compromis ? Le film est d’une facture très classique mais le tempo est rapide, le spectateur ne s’ennuie pas et la réflexion est intéressante.
Jacques Champeaux
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