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Avec :
Filippo Scotti (Giulio) – Sergio Romano (Carlobianchi) – Pierpaolo Capovilla (Doriano) – Roberto Citran (Cavalier Fadiga) – Andrea Pennacchi (Genio).
Francesco Sossai est né en 1989 à Feltre, dans les Dolomites. Après des études de littérature à l’université La Sapienza de Rome, il étudie le cinéma à Berlin. Pendant ses études il réalise en 2021 son premier long métrage, Altri Cannibali, qui est primé à Tallinn et à Vancouver. Le dernier pour la route (Le città di pianura) est son second long métrage, il est sélectionné à Cannes en 2025 dans la section Un certain regard.
Résumé :
Carlobianchi et Doriano, deux cinquantenaires fauchés, errent la nuit en voiture de bar en bar, obsédés par l’idée d’un dernier verre, lorsqu’ils croisent la route de Giulio, un étudiant en architecture aussi timide que naïf. Entre confidences et gueule de bois, cette rencontre inattendue avec ces deux mentors improbables va bouleverser la vision que Giulio porte sur le monde, l’amour… et son avenir.
Analyse :
Le dernier pour la route est un film qui emprunte à plusieurs genres, la comédie italienne des années 60 et 70, le road-movie, le film social et le récit d’initiation. Le film débute sur l’image nocturne de deux quinquagénaires complètement saouls endormis dans une berline noire au milieu de la route. On va suivre ce duo de loosers avinés, dont les trognes évoquent les personnages des comédies de Dino Risi, dans leur pérégrination nocturne et diurne en Vénétie. Ils rencontrent au milieu de la nuit un groupe d’étudiants qui font la fête et, parmi eux, un étudiant en architecture sérieux et timide, qui quitte la bande pour aller réviser ses cours, tout en regrettant amèrement d’abandonner ainsi l’étudiante qu’il aime. Les deux compères vont le prendre en charge pour lui apprendre la vie. Ils l’embarquent de force dans un périple qui les emmènera de cafés en restaurants mais aussi dans la belle demeure d’un aristocrate désargenté et dans une infructueuse chasse à un trésor, souvenir de leur vie passée d’ouvriers pas très honnêtes.
Car le film, sous le burlesque de la comédie, évoque aussi, à travers les personnages de Carlobianchi et Doriano, la désindustrialisation de l’Italie et cette génération née dans les années 70 qui se retrouve éjectée du système de production. Le cadre de l’action, la Vénétie, est aussi un personnage du film ; elle est montrée comme un lieu sans âme, comme une campagne qui n’est plus une campagne mais qui n’est pas encore une ville, avec des villages miséreux où les vieilles maisons tombent en ruine et sont remplacées par des immeubles sans caractère. Mais le film est aussi un feel good movie : Giulio, l’étudiant coincé, sortira de ce périple de 36 heures mûri et prêt à conquérir sa belle et les deux zigotos mangeront des glaces au lieu de leurs bières habituelles. Le film n’atteint pas les sommets d’humour corrosif de la comédie italienne des années 60, mais il est assez plaisant, dans son mélange de comédie, de nostalgie mélancolique et de fraternité éducative.
Jacques Champeaux
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