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Fiche technique :
Réalisation : Lise Akoka et Romane Guéret. Scénario : Lise Akoka, Romane Guéret et Catherine Paillé. Photographie : Jean-François Hensgens. Montage : Albertine Lastera. Montage son : Boris Chapelle et Jules Laurin. Production : Superstructure. Distribution: StudioCanal.

Avec :
Fanta Kebe (Djeneba). Shirel Nataf (Shaï). Amel Bent (Sabrina). Idir Azougli (Youssef). Yuming Hey (Naël). Suzanne de Baecque (Bérengère). Zakaria Lazab (Isaël). Mouctar Aladi (Diawara).

Ma frère

France, 2025, 112min.

Réalisation : Lise Akoka, Romane Gueret

Biographie :

Lise et Romane se sont rencontrées comme assistantes de casting, ont animé des ateliers d’enfants dans des maisons de quartier de Montreuil, et ont ensuite réalisé ensemble: un CM, Chasse royale (2015), la mini-série sur Arte, Tu préfères (2020) et un 1er LM, Les Pires, qui obtient à Cannes le Prix Un certain Regard (2022).

Résumé :

Shaï et Djeneba ont 20 ans et sont amies depuis l’enfance. Cet été-là, elles sont animatrices dans une colonie de vacances. Elles accompagnent dans la Drôme une bande d’enfants qui comme elles ont grandi entre les tours de la Place des Fêtes à Paris.À l’aube de l’âge adulte, elles devront faire des choix pour dessiner leur avenir et réinventer leur amitié.

Analyse :

Ce film passionnant peut être ressenti comme une peinture très juste du trouble qui saisit l’enfant qui devient adulte et la jeune fille qui fait éclater le corset du patriarcat; une ode joyeuse mais sérieuse à l’apprentissage du vivre-ensemble dans la vraie France multicolore d’aujourd’hui, la France black, blanc, beur. Ce film hybride -tout à la fois comédie, drame social et film de colo- est une fiction richement documentée par l’expérience des réalisatrices au sein de la micro société de ces enfants qu’elles ont fréquentés dans leurs travaux précédents. Il nous immerge dans ce qui est probablement pour la plupart d’entre eux de milieu pudiquement appelé ‘défavorisé’, une exceptionnelle parenthèse de vacances estivales. Cette escapade n’est possible que grâce au sens des responsabilités des jeunes moniteurs (-trices) plus ou moins bénévoles que dirige Sabrina, dont la maturité est le fruit des épreuves traversées, et à l’amour qu’ils manifestent aux enfants qui leur sont confiés. La bande de jeunes qui envahit l’écran possède son propre langage, comme en témoigne le titre du film. La joute verbale et le sens de la répartie sont un sport qu’ils pratiquent au quotidien: un art de la tchatche fait d’un nombre limité de mots français traditionnels mais de nombreux mots de verlan ou des expressions argotiques plus ou moins polysémiques, empruntés notamment à l’arabe, comme wesh, wallah,…justifiant pour le spectateur adulte le sous-titrage constant proposé ! Une émotion authentique et intense se dégage de ces enfants qui sont à la recherche de l’image maternelle ou paternelle qui leur manque souvent. La promiscuité des logements et la fréquentation des réseaux est leur éducation sexuelle de base, …et si Naël, un moniteur trans, confesse ne pas savoir qui il est , la non-binarité leur est beaucoup plus familière qu’au spectateur adulte. L’histoire personnelle de Djenaba, projetée dans le monde des adultes car sa mère est défaillante, et de Shaï qui ploie sous les injonctions familiales et religieuses , toutes deux en quête d’autonomie, croise celle des enfants qu’elles accompagnent et leur rappelle l’enfance dont elles sortent à peine. La mise en scène très élaborée donne l’impression de s’inventer au fur et à mesure que le film avance en articulant les scènes chorales et les narrations singulière ou à deux personnages, dans une profusion qui fait craindre de ne pas toujours arriver à tout capter. Il n’y a fort heureusement pas trop de gros plans et les plans larges sur la Drôme permettent d’apprécier le grain de la lumière estivale. et de déguster le fil conducteur de la très belle chanson Mon enfance de Barbara. Enfin la justesse de la direction d’acteurs est un bonheur constant.

Jean-Michel Zucker

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