![]() |
PROtestants et FILmophiles |
PROmouvoir les FILms dont la qualité artistique et humaine aide à la connaissance du monde contemporain
ACCUEIL - QUI SOMMES-NOUS ? - ACTIVITES - PUBLICATIONS - GROUPES - CRITIQUES DE FILMS - RADIO - FESTIVALS
Avec :
Helga Guren (Maria) – Oddgeir Thune (Sigmund) – Heldi Gjermundsen Broch (la thérapeute) – Marte Magnusdotter Solem (amie de Maria) – Elisabeth Sand (mère de Maria).
Lilja Ingolfsdottir, Norvégienne d’origine islandaise, a été formée à la London International Film School et à la Prague Film School. Elle a réalisé une vingtaine de courts métrages. Loveable est son premier long métrage.
Résumé :
Maria et Sigmund se croisent de fête en fête avant de se rendre à l'évidence : ils sont faits l'un pour l'autre ! Une passion fusionnelle et quelques années plus tard, Maria jongle désormais entre une vie domestique avec quatre enfants et une carrière exigeante. Sigmund, lui, voyage de plus en plus pour son travail, Maria le vit mal, et, un soir, le couple craque.
Analyse :
L’histoire d’un couple en trois actes : Acte 1 : le conte de fées : Maria, trentenaire divorcée avec deux enfants, a le coup de foudre pour Sigmund, un beau musicien. Elle veut l’avoir, elle l’aura et le couple commencera une longue lune de miel. Acte 2 : la rupture : sept ans après, le climat conjugal est moins idyllique ; Sigmund s’absente souvent pour honorer ses contrats de musicien et Maria doit faire face au double travail de femme au foyer avec quatre enfants, deux nouveaux étant arrivés, et d’une vie professionnelle qu’elle voit progressivement s’atrophier. Face au stress, Maria est perpétuellement en colère, une colère dont souffrent autant ses enfants que Sigmund. Un jour qu’il rentre au foyer après une tournée, c’est la colère de trop, la rupture. Après quelques mots violents échangés, Maria propose de quitter le foyer pour quelque temps, pour leur donner le temps de réfléchir, et, à sa grande surprise et à son non moins grand désarroi, Sigmund accepte. Acte 3 : la descente aux enfers et la résurrection : Maria ne supporte pas sa solitude, elle s’effondre, elle aime toujours Sigmund et s’accroche désespérément. Elle finit par se confier à la psychiatre de l’administration qui accompagne les couples en instance de divorce et elle découvre alors des aspects de sa propre personnalité qu’elle ignorait.
Ce film brosse un magnifique portrait d’une femme en détresse, servi par le jeu remarquable de Helga Guren, une actrice de théâtre dont c’est le premier grand rôle au cinéma et qui exprime, par ses jeux de visage autant que par ses mots, une foule d’émotions. Si le film expose clairement les violences psychologiques faites aux femmes qui veulent à la fois s’épanouir sur le plan professionnel et gérer leur foyer, il n’est pas manichéen ; Sigmund est un mari attentif et s’il ne sait pas à qui appartient telle paire de chaussettes, ce n’est peut-être pas aussi grave que le pense Maria. Maria qui découvre peu à peu que sa colère a peut-être des causes plus profondes et que les traces laissées par sa propre enfance et sa relation avec sa mère jouent un rôle dans sa situation présente. Un beau film psychologique, subtil et intelligent, qui a reçu le prix du jury œcuménique au festival de Karlovy Vary et à celui de Miskolc.
Jacques Champeaux
Autres articles sur ce film
|
Siège social, 13 rue du Docteur Louis Perrier, 34000 Montpellier Secrétariat national, 25 avenue de Lodève, 34070 Montpellier |