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Avec :
Joaquin Phoenix (le shérif Joe Cross), Pedro Pascal (le maire Ted Garcia), Emma Stone (Louise Cross, l'épouse de Joe), Austin Butler (le « gourou »).
Résumé :
Eddington, petite bourgade du Nouveau-Mexique, pendant la pandémie de Covid-19. Le shérif et le maire s’affrontent alors que le premier, sur un coup de tête, a décidé de se présenter aux prochaines élections municipales. Ressentiment, calomnie, humiliation, la tension monte entre ces deux antagonistes, alors que la jeunesse manifeste en faveur de « Black lives matter ». Des meurtres gratuits et une chasse à l’homme déchainée vont émailler cette fable violente et désenchantée.
Analyse :
Il était une fois la pandémie de Covid 19, made in USA. Une toute petite bourgade fantomatique, malgré les couleurs violentes et contrastées de l’ouest américain (excellente photo de Darius Khondji). Gestes barrière, port du masque que l’on respecte (le maire) ou pas (le sherif, asthmatique, ne le supporte pas). La queue devant les magasins presque vides, les réunions minables des ados la nuit en plein air, des manifs clairsemées et l’expulsion d’un vieil homme d’un supermarché pour non port du masque, élément déclencheur d’un engrenage implacable : le sherif, qui plaide pour retrouver le sens de la communauté en cette période de repli sur soi, va se présenter aux prochaines élections municipales sur un coup de tête, sans prévenir sa famille.
Et justement, sa famille est assez dysfonctionnelle : une belle-mère complotiste, une femme très troublée psychologiquement, qui a eu une relation 20 ans plus tôt avec le maire. De fil en aiguille, la tension va monter entre ces deux hommes, le tout envenimé par les réseaux sociaux omniprésents.
Il y a alors une bascule dans ce scénario imprévisible : le shérif, mari attentionné, qui récompense le mérite de ses subordonnés, qui pense au bien vivre de ses (futurs) administrés, va partir en vrille et finira par tout perdre. Eddington se transforme en fable flippante dans laquelle la violence devient un des leitmotivs : tout en mettant en scène une violence grand spectacle, presque grandguignolesque, le film dénonce la violence faite aux femmes, aux enfants, aux minorités.
Une violence teintée d’humour cependant : Ari Aster épingle la campagne électorale minable du sherif, le discours ridicule des militants du mouvement Black lives matter, la rivalité entre la police de la ville et la police tribale.
Quelques bémols scénaristiques néanmoins : les personnages d’Emma Stone (la femme du shérif) et d’Austin Butler (le « gourou ») auraient pu être plus développés. Et puis un meurtre gratuit et laissé de côté dans l’intrigue et l’arrivée des « black blocks » à l’américaine tombés littéralement du ciel. Cela n’enlève rien à l’aspect jubilatoire de ce conte noir.
Elina Cuaz
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