![]() |
PROtestants et FILmophiles |
PROmouvoir les FILms dont la qualité artistique et humaine aide à la connaissance du monde contemporain
ACCUEIL - QUI SOMMES-NOUS ? - ACTIVITES - PUBLICATIONS - GROUPES - CRITIQUES DE FILMS - RADIO - FESTIVALS
Avec :
Alexandre Goyette (Frère Marie Victorin/Antoine). Mylène Mackay (Marcelle Gauvreau/Roxanne). Rachel Graton (Rita/Catherine). Francis Ducharme (Frère Léo/Michel). Sylvie Moreau (Soeur Marie-des-Anges/Louise).Marianne Farley (Marianne).
Cousine du compositeur Robert Charlebois, elle débute comme photographe de plateau, et réalise ensuite plus d’une centaine de vidéo-clips pour des artistes connus, des séries télévisées, et des courts métrages avant son premier long métrage Borderline (2008) multiprimé au Québec.
Résumé :
Dans les années 30 au Québec, le Frère Marie-Victorin, fondateur du Jardin botanique de Montréal, se lie d’amitié avec son étudiante Marcelle Gauvreau, qui deviendra sa collaboratrice. Alimentée par un amour de la religion et une fascination pour la nature et la science, leur relation évoluera au cours de leur échange épistolaire, vers une exploration du désir.
Analyse :
Ce film est inspiré de la correspondance secrète et récemment retrouvée qu’échangèrent pendant 10 ans, entre 1935 et 1944, le Frère Marie-Victorin, le plus grand intellectuel québécois de l’entre-deux-guerres et célèbre botaniste, et son assistante Marcelle Gauvreau, elle aussi une scientifique d’avant-garde. Tous deux rescapés de la tuberculose partagent le même amour pour Dieu et pour la Nature, dont témoigne le titre du film, et c’est le début d’une relation unique et improbable d’amitié intense qui évoluera vers un amour impossible. Ils subliment alors leur attirance physique dans de brillants échanges épistolaires portant sur la sexualité humaine, domaine alors tabou. Pour explorer la nature du désir et ses manifestations, le film mêle deux histoires d’amour et deux époques, celles des partenaires historiques et celles de Roxanne et d’Antoine qui les incarnent. Ce dispositif s’annonce dès l’ouverture : le récit débute comme une fresque historique sur la botanique, la science et la libération sexuelle, et évolue vers une méditation sur l’essence de l’amour, loin de la consommation éphémère. Cette mise en abyme, dont certains pourront considérer qu’elle dilue un peu l’impact émotionnel de l’histoire, permet à la réalisatrice d’éclairer le contraste entre deux formes de liaison - l’amour interdit, intense et silencieux des personnages, bâti sur la curiosité intellectuelle, et l’émoi plus immédiat et charnel des acteurs à l’occasion des répétitions du tournage. Grâce au soin apporté au montage, rythmant les échanges épistolaires par des herbiers cinématographiques qui magnifient la flore laurentienne, l’œuvre est un véritable objet d’art visuel, dans laquelle l’image s’accorde au rythme d’un récit tour à tour contemplatif ou sensuel mais toujours vibrant. Les 2 acteurs sont remarquables - Mylène Mackay a du reste reçu le Valois de la meilleure actrice à Angoulême 2024 - et traduisent avec talent la retenue passionnée de Marcelle et de Marie‑Victorin. Dans la 2ème moitié le film illustre l’explosion de la passion de ce dernier à travers ses lettres et des images parfois crues qui juxtaposent sexualité humaine et sexualité des plantes. Il reste qu’en interrogeant la façon dont l’amour, la science et la nature peuvent s’entrelacer pour révéler ce qui rend vraiment les choses si belles, Charlebois propose une œuvre singulière et ambitieuse qui a la saveur de la francophonie québécoise.
Jean-Michel Zucker
Autres articles sur ce film
|
Siège social, 13 rue du Docteur Louis Perrier, 34000 Montpellier Secrétariat national, 25 avenue de Lodève, 34070 Montpellier |