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Avec :
Baneen Ahmed Nayyef (Lamia). Sajad Mohamad Qasem (Saeed). Waheed Thabet Khreibat (Bibi). Rahim Alhaj (Jasim).
Né dans le sud de l’Irak pendant la guerre, Hasan Hadi est journaliste et enseigne en tant que professeur associé de cinéma à l’université de New York. Boursier du Sundance Lab en 2022, il reçoit le prix Sundance/NHK 2022, la bourse SFFILM Rainin et la bourse du Doha Film Institute pour son premier long.
Résumé :
Dans l’Irak de Saddam Hussein, Lamia, 9 ans, se voit confier la lourde tâche de confectionner un gâteau pour célébrer l’anniversaire du président. Sa quête d’ingrédients, accompagnée de son ami Saeed, bouleverse son quotidien.
Analyse :
Caméra d’or à Cannes 2025, ce 1er long métrage est aussi le 1er film sur la vie quotidienne dans la société irakienne des années 90, asphyxiée par les sanctions financières internationales et une corruption généralisée, où Saddam Hussein continue cependant à exiger que tous les citoyens célèbrent son anniversaire. La jeune Lamia, 9 ans, - qui vit avec sa grand mère Bibi dans les marais mésopotamiens à l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate - est ainsi tirée au sort à l’école pour faire le gâteau. Avec sous le bras son coq Hindi, et rejointe par son ami Saeed, chargé de ramener un plateau de fruits, elle va partir vers la grande ville espérant y trouver les ingrédients nécessaires. Une errance semée d’embûches commence alors pour les deux enfants. C’est pour le réalisateur l’occasion de construire un récit à la fois réaliste et onirique que, sous la maîtrise de sa direction, les deux protagonistes, acteurs non professionnels comme presque tous les autres personnages, vivent avec une spontanéité et un charisme rares qui insufflent au film une énergie et une authenticité constamment renouvelées. La mise en scène alterne avec finesse les plans rapprochés et les vues d’ensemble, offrant un juste équilibre entre regard documentaire et construction fictionnelle, et la caméra, toujours à hauteur des enfants, accompagne leurs hésitations, leurs élans et leurs angoisses. L’utilisation du cadrage panoramique offre un écrin d’une grande variété à la réalité irakienne urbaine avec le grouillement des rues et des échoppes, ou avec les défilés à la gloire du président. Tournés en décors réels dans le berceau de la civilisation, de lents travellings exaltent aussi la beauté mystérieuse des villages lacustres de maisons flottantes cachées aux milieux des roseaux, entre lesquelles circulent silencieusement de longues barques effilées. S’il est vrai que le scénario de ce film ambitieux peut parfois susciter des réserves, lorsqu’il lui arrive - en contraste avec la liberté des scènes centrées sur la résilience des enfants - de surligner un peu trop ses intentions dans quelques autres visant à dénoncer certains comportements des adultes, la réussite de la direction d’acteurs l’emporte cependant sur ces maladresses narratives.
Jean-Michel Zucker
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