![]() |
PROtestants et FILmophiles |
PROmouvoir les FILms dont la qualité artistique et humaine aide à la connaissance du monde contemporain
ACCUEIL - QUI SOMMES-NOUS ? - ACTIVITES - PUBLICATIONS - GROUPES - CRITIQUES DE FILMS - RADIO - FESTIVALS
Avec :
Amer Hlehel, Clara Khoury, Motaz Malhees,
Kaouther Ben Hania, née en 1977, est une réalisatrice et scénariste tunisienne, ayant étudié à Tunis et la Fémis. Après avoir travaillé notamment pour Al Jazeera Documentary Channel, elle réalise des longs métrages comme Le Challat de Tunis (2014), La Belle et la meute (Cannes-UCR 2017), L'Homme qui a vendu sa peau (2021, premier film tunisien aux Oscars). Les Filles d’Olfa (2023, en compétition officielle à Cannes et César du meilleur film documentaire en 2024). En 2025, La Voix de Hind Rajab reçoit le Lion d’argent - Grand prix du jury à la Mostra de Venise.
Résumé :
Le 29 janvier 2024, les bénévoles du Croissant-Rouge palestinien (CRP) reçoivent un appel d’urgence d’une jeune palestinienne de 15 ans. Elle est coincée, avec sa cousine de 6 ans dans une voiture qui a essuyé des tirs de chars de l’armée israélienne; l’aînée meurt peu après. Seule survivante avec les cadavres des membres de sa famille, Hind Rajab implore pendant des heures qu’on vienne la secourir. Tout en essayant de la garder en ligne, et de calmer l’enfant effrayée, les bénévoles font tout leur possible pour lui envoyer une ambulance.
Analyse :
La petite Hind avait été confiée à son oncle qui fuyait avec sa femme et ses enfants, en voiture, l’avancée des combats menaçant leur quartier de Gaza. La cousine de la fillette, 15 ans, est la première à appeler les secours « Ils nous tirent dessus, le char est à côté de moi ».
Le film La voix de Hind Rajab est un film engagé qui s’inspire d’un fait réel survenu à Gaza, un évènement devenu retentissant, les échanges enregistrés avec Hind, ayant fait le tour des réseaux sociaux. C’est à partir de ce matériau brûlant de vie que la réalisatrice tunisienne a imaginé son film. Elle a conservé tels quels une partie des enregistrements où l’on entend la voix de Hind, coincée dans une voiture, entourée de morts, qui attend désespérément l’arrivée des secours. Elle les a intégrés dans une fiction, qui reconstitue, avec des acteurs, la situation dans le centre d’appels du Croissant-Rouge palestinien.
Hind est la seule survivante, bien consciente que les six membres de sa famille autour d’elle ont été tués. La tension autour de l’envoi des secours, prêts à intervenir en quelques minutes, s’accentue à mesure que passent les heures de blocage israélien.
Plusieurs personnes du Croissant rouge se relaient pour parler avec l’enfant. Les scènes de désespoir et de panique alternent avec calme, querelle et larmes car le temps passe et la décision pour envoyer l’ambulance en territoire dangereux tarde à venir.
À travers la voix de Hind, le film montre l’horreur des conflits armés et leurs conséquences sur les civils, en particulier les enfants innocents. Toute l’intrigue repose sur l’attente, qui crée une forte tension et un sentiment d’impuissance.
La mise en scène est simple et réaliste: le décor, limité à l’intérieur de la voiture (hors champ), et les bureaux du CRP, renforce l’impression d’enfermement. Le silence, coupé par les bruits de bombardements, rend la situation encore plus angoissante et notre impuissance individuelle et collective à entraver l’horreur du massacre.
Cette œuvre déchirante ne montre cependant rien de l’horreur de Gaza. Le spectateur ne verra pas les impacts successifs des 355 balles qui criblent la voiture familiale ni l’ambulance du Croissant-Rouge palestinien frappée par le tir tendu d’un char israélien.
On retrouve au générique de fin, les noms improbables de Brad Pitt, Rooney Mara, Joaquin Phoenix, Jonathan Glaze, réalisateurs ou producteurs exécutifs qui ont souhaité accompagner ce film.
Certains ont vu dans ce film un renoncement à vraiment montrer l’inhumain, et l’indécence d’avoir utilisé les enregistrements originaux de Hind. A chacun de se faire son opinion.
Pierre Trotemann
Autres articles sur ce film
|
Siège social, 13 rue du Docteur Louis Perrier, 34000 Montpellier Secrétariat national, 25 avenue de Lodève, 34070 Montpellier |