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Avec :
Reda Kateb (Jan Bojarski) – Sara Giraudeau (Suzanne Bojarski) – Bastien Bouillon (le commissaire André Mattei) – Pierre Lottin (Anton Dowgierd, ami polonais de Jan).
Né en 1960, Jean-Paul Salomé est un réalisateur français qui a étudié le cinéma à la Sorbonne et est l’auteur d’une dizaine de longs métrages, souvent inspirés de faits divers (Les Femmes de l’ombre, Le Caméléon) ou de livres (La Daronne). Son film précédent, La syndicaliste, s’inspirait de l’histoire vraie d’une syndicaliste d’Areva en conflit avec sa direction. Le réalisateur reprend avec L’affaire Bojarski le filon du biopic, mais alors que La syndicaliste était un film politique, L’Affaire Bojarski relève du film noir.
Résumé :
Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il va être recherché par l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France.
Analyse :
Le héros est un faussaire qui eut son heure de gloire dans les années 50 et 60 et qui fut surnommé le « Cézanne de la fausse monnaie ». Ses faux billets s’arrachent encore à prix d’or dans les salles des ventes. Il a fait partie pendant un temps du « gang des tractions avant », ce qui nous vaut un début du film un peu violent. Mais très vite Bojarski va travailler en solo, il installe son atelier de faussaire dans un cabanon au fond de son jardin, il écoule tout seul ses faux billets et il produit juste ce qu’il faut pour lui assurer un train de vie confortable mais non ostentatoire. Il pourrait ainsi ne jamais être découvert car la Banque de France se désintéresse assez vite de cet artiste qui ne met pas en péril la monnaie nationale. Mais il sera perdu par son addiction (il ne sait pas s’arrêter, même si sa passion détruit sa vie sociale d’abord, puis sa famille) mais aussi par son orgueil car, d’une certaine manière, il voudrait être reconnu, et, pour cela, il faut qu’il soit pris, et il prend de plus en plus de risques face au commissaire qui s’obstine à le traquer. Ce dernier est aussi passionné par sa traque que Bojarski par ses billets, il met ainsi en jeu sa carrière car plus personne ne s’intéresse à son enquête et il se retrouve dans des bureaux de plus en plus minables, sous les toits. Dans la grande tradition du film noir classique, le film repose donc sur ce face à face de vingt ans entre l’escroc et le policier. Cette analyse psychologique des personnages, ce jeu du chat et de la souris avec le commissaire, de même que les relations complexes de Bojarski avec sa femme, sont la grande réussite du film. Sur le plan formel, le film n’est pas très original mais la reconstitution de l’époque est réussie, les personnages sont solidement dessinés et les acteurs convaincants. Un film bien mené qui se regarde avec plaisir.
Jacques Champeaux
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