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Avec :
Amanda Syfried (Ann Lee) - Lewis Pullman (William Lee, son frère) - Christopher Abbot (Abraham Standerin, son mari) - Thomasin McKenzie (Mary Partington, la narratrice) - Stacy Martin (Jane Wardley).
Mona Fastvold, née en 1981, est une actrice, scénariste et réalisatrice d’origine norvégienne qui vit aux Etats-Unis. Le Testament d’Ann Lee est son troisième long métrage, mais le premier distribué en salles en France. Elle est connue pour le scénario de The Brutalist (2024), co-écrit et réalisé par son compagnon Brady Corbet.
Résumé :
Au XVIIIe siècle, Ann Lee et quelques disciples quittent l’Angleterre pour les Etats-Unis et fonde la communauté des Shakers, une secte issue des Quakers. Le film retrace sa vie et ses combats, jusqu’à sa mort à l’âge de 48 ans.
Analyse :
Après la lecture de l’ultime roman de Russel Banks Le monde enchanté, qui se passe en grande partie dans une communauté de Shakers en Floride, comment ne pas être attiré par ce film atypique dans son objet : la biographie d’une femme du XVIIIe siècle, qui devient la guide d’une communauté religieuse étrange.
Tout d’abord, il s’agit d’une femme qui deviendra ' Mother Ann' (remarquablement interprétée par Amanda Seyfried, tour à tour visionnaire, compatissante et autoritaire), un exploit pour cette époque ; d’autre part, ' Mother Ann' prône l’égalité entre les genres, les classes, et l’abstinence sexuelle totale entre les membres, même mariés ; enfin, les 'tremblements' lors du culte libèrent le corps du pêché grâce à la puissance de l'Esprit Saint qui purifie l'adorateur.
C’est là qu’intervient le choix esthétique de la réalisatrice : transcender ces manifestations vraisemblablement hystériques à l’époque en danses extatiques grâce à sa chorégraphe et à son chef opérateur. Filmées en 35 mm, parfois en plongée à la manière des comédies musicales de Busby Berkeley, elles illustrent à la fois la prière et la catharsis collectives. Les 'psaumes' également, très simples, sont magnifiquement mis en musique par Daniel Blumberg.
Mona Fastvold, d’origine norvégienne, réalise un film sur un sujet typiquement américain, avec amour et attention aux détails qui ancrent le spectateur dans une Amérique puritaine magnifiée. Aucune critique, aucune attaque : il s’agit d’une véritable hagiographie, c’est à dire une 'vie de sainte', que l’on suit avec intérêt de Manchester à la campagne américaine, du prosélytisme mené par le frère d’Ann Lee à la violence subie par la protagoniste (une sorcière ! une pacifiste!) et ses fidèles.
Tant pis si tout est très propret (les vêtements, tant des membres de la secte que l’uniforme des soldats, sont immaculés), si les décors de Manchester font un peu carton-pâte (le film affiche un budget de 10 millions de dollars, une misère), Mona Astvold réussit à nous entraîner pendant deux heures dans une histoire d’une originalité stupéfiante !
Elina Cuaz
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