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Fiche technique :
RĂ©alisation : Ronan Day-Lewis, coscĂ©nariste avec Daniel Day-Lewis ; image : Ben Fordesman ; montage : Nathan Nugent ; musique : Bobby Krlic ; distribution France : Universal.

Avec :
Daniel Day-Lewis (Ray Stoker), Sean Bean (Jem Stoker), Samantha Morton (Nessa), Samuel Bottomley (Brian).

Anémone – Les racines du mensonge (Anemone)

Etats-Unis d'Amérique, Royaume-Uni, 2026, 125min.

Réalisation : Ronan Day-Lewis

Biographie :

Ronan Day-Lewis (nĂ© en 1998, britannique) est le fils de l’acteur Daniel Day-Lewis (i.a. Gangs of New-York, 2002 ; There Will Be Blood, 2007) et de la rĂ©alisatrice Rebecca Miller (i.a. Personal Velocity 2002, grand prix du Jury Sundance). Après des Ă©tudes Ă  Yale et un court mĂ©trage (The Sheep and the Wolf, 2018) Anemone est son premier long, co-Ă©crit avec son père.

Résumé :

Depuis dix ans, Ray Stoker s'est exilé au cœur d'une forêt reculée d'Angleterre, coupé du monde et de sa famille. Mais lorsque celle-ci décide de renouer le contact, les traumatismes de chacun refont surface. Après une décennie de silence, le moment est venu pour Ray de se confronter à ses secrets.


Analyse :

Anémone se déroule dans une ambiance militaire, amenée autant par les personnages, leur milieu professionnel, leur attitude vouée aux valeurs collectives, voire leurs comportements, que par le contexte, encore imbibé des séquelles de la lutte britannique contre le terrorisme IRA. La banlieue pavillonnaire, maison confortable où ils vivent ne suscite aucune curiosité.

Le dĂ©roulement est lent, le dĂ©marrage long Ă  venir. On a tout le temps de s’imprĂ©gner du mutisme des personnages (un fils ado, deux frères Jem et Ray, Nessa la mère) , de leurs visages butĂ©s, de leurs rĂ©actions frustes. Les poings semblent l’outil de communication privilĂ©giĂ© plutĂ´t que le dialogue ; seule Nessa semble capable d’écouter de comprendre, de s’intĂ©resser. Une situation de blocage dont nous ignorons la clĂ©, comme la plupart des protagonistes. Ce sera un long Ă©pisode de course des deux frères au bord de la mer, très long, qui se terminera soudain par le tout aussi long rĂ©cit, fort impressionnant, dĂ©livrĂ© par Ray de ce qui a motivĂ© son renfermement sur lui-mĂŞme.

Le film est desservi par son titre, surtout version française, plus niais que poĂ©tique (deux images de fleurs bien inutiles viendront lui donner chair...) mais ce n’est pas grave, le film est intĂ©ressant. Par son contenu, qui illustre les ravages de la violence. Par le travail des acteurs, oĂą Daniel Day-Lewis n’est pas le seul Ă  livrer une performance de grande qualitĂ© : j’ai trouvĂ© Samantha Morton Ă©galement remarquable, et Sean Bean très respectable ; seul le rendu du fils rĂ©voltĂ© m’a paru caricatural. Mais j’ai surtout apprĂ©ciĂ© une cinĂ©matographie Ă©blouissante. En particulier, les frĂ©quentes incursions dans la forĂŞt anglaise, ses superbes frondaisons, les eaux vives bondissant entre les pierres du lit, la maison immergĂ©e dans les arbres… font des moments enthousiasmants qui Ă©maillent heureusement une histoire par ailleurs bien sombre. Il faut du temps pour se remettre de ce qu’a racontĂ© Ray.

Jacques Vercueil

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