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Avec :
Daniel Day-Lewis (Ray Stoker), Sean Bean (Jem Stoker), Samantha Morton (Nessa), Samuel Bottomley (Brian).
Ronan Day-Lewis (né en 1998, britannique) est le fils de l’acteur Daniel Day-Lewis (i.a. Gangs of New-York, 2002 ; There Will Be Blood, 2007) et de la réalisatrice Rebecca Miller (i.a. Personal Velocity 2002, grand prix du Jury Sundance). Après des études à Yale et un court métrage (The Sheep and the Wolf, 2018) Anemone est son premier long, co-écrit avec son père.
Résumé :
Depuis dix ans, Ray Stoker s'est exilé au cœur d'une forêt reculée d'Angleterre, coupé du monde et de sa famille. Mais lorsque celle-ci décide de renouer le contact, les traumatismes de chacun refont surface. Après une décennie de silence, le moment est venu pour Ray de se confronter à ses secrets.
Analyse :
Anémone se déroule dans une ambiance militaire, amenée autant par les personnages, leur milieu professionnel, leur attitude vouée aux valeurs collectives, voire leurs comportements, que par le contexte, encore imbibé des séquelles de la lutte britannique contre le terrorisme IRA. La banlieue pavillonnaire, maison confortable où ils vivent ne suscite aucune curiosité.
Le déroulement est lent, le démarrage long à venir. On a tout le temps de s’imprégner du mutisme des personnages (un fils ado, deux frères Jem et Ray, Nessa la mère) , de leurs visages butés, de leurs réactions frustes. Les poings semblent l’outil de communication privilégié plutôt que le dialogue ; seule Nessa semble capable d’écouter de comprendre, de s’intéresser. Une situation de blocage dont nous ignorons la clé, comme la plupart des protagonistes. Ce sera un long épisode de course des deux frères au bord de la mer, très long, qui se terminera soudain par le tout aussi long récit, fort impressionnant, délivré par Ray de ce qui a motivé son renfermement sur lui-même.
Le film est desservi par son titre, surtout version française, plus niais que poétique (deux images de fleurs bien inutiles viendront lui donner chair...) mais ce n’est pas grave, le film est intéressant. Par son contenu, qui illustre les ravages de la violence. Par le travail des acteurs, où Daniel Day-Lewis n’est pas le seul à livrer une performance de grande qualité : j’ai trouvé Samantha Morton également remarquable, et Sean Bean très respectable ; seul le rendu du fils révolté m’a paru caricatural. Mais j’ai surtout apprécié une cinématographie éblouissante. En particulier, les fréquentes incursions dans la forêt anglaise, ses superbes frondaisons, les eaux vives bondissant entre les pierres du lit, la maison immergée dans les arbres… font des moments enthousiasmants qui émaillent heureusement une histoire par ailleurs bien sombre. Il faut du temps pour se remettre de ce qu’a raconté Ray.
Jacques Vercueil
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