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Fiche technique :
Réalisation Réalisation : Pierre Salvadori, Scénario : Pierre Salvadori, Benjamin Charbit, Benoît Graffin, sur une idée originale de Rebecca Zlotowski et Robin Campillo, Décors : Angelo Zamparutti, Direction de la photographie : Julien Poupard Producteurs : Philippe Martin, David Thion, Production : les films Pelleas, Distribution : Diaphana Distribution.

Avec :
Pio Marmaï (Antoine Balestro), Anaïs Demoustier (Suzanne), Gilles Lellouche (Armand), Vimala Pons (Irène), Gustave Kervern (Titus), Madeleine Baudot (Camille).

La Vénus électrique

France, Belgique, 2026, 122min.

Réalisation : Pierre Salvadori

Biographie :

Pierre Salvadori est un scénariste et réalisateur français né en 1964 en Tunisie. Son premier long métrage, Cible émouvante, date de 1993 et, depuis cette date, il a réalisé une dizaine de longs métrages, la plupart dans le genre de la comédie romantique. Parmi ses derniers films, En liberté !, sorti en 2018, était un thriller désopilant dans le milieu de la police marseillaise où déjà Pio Marmaï jouait le rôle d’un jeune homme perturbé, pas par un deuil mais par 8 ans de prison pour un crime dont il n’était pas coupable.

Résumé :

Paris 1928, la Foire aux Illusions. Antoine, un jeune peintre que la mort de sa femme Irène a désespéré, cherche à entrer en communication avec elle en faisant appel à la voyante de la Foire. Entré dans sa roulotte, il y rencontre Suzanne (la Venus électrique), la prend pour la voyante. Suzanne joue le jeu, l’imposture marche si bien qu’Antoine engage Suzanne pour des séances spirites particulière chez lui. Le deal fonctionne à merveille pour Suzanne, mais voilà qu’elle va se mettre à aimer Antoine, et la situation va se compliquer encore avec la présence d’Armand (galeriste et ami d’Antoine), et avec la « réapparition » d’Irène.

Analyse :

« Tout est illusion », beaucoup de gens l’ont dit. Pierre Salvatori aussi, à sa façon, dans ce film où tout repose sur l’’illusion, mais une illusion masquée sous les oripeaux d’une réalité affectée. Avec pour effet chez le spectateur la création d’un sentiment de jubilation un peu déréalisée, qui vient du très loin de l’enfance, de cette époque où jeu et réalité s’entremêlaient jusqu’à la confusion.

Dans le film de Pierre Salvatori, l’entrée dans le monde de l’illusion est immédiate : dès les premières images on est dans son temple : la Foire aux Attractions. On la traverse longuement en suivant Suzanne à travers les baraques jusqu’à la roulotte dont elle est la « Venus electrificata ». Là, pour quelques francs, elle donne au badaud monté sur ses planches un baiser qu’une série d’impulsions électriques transforme en illusion de coup de foudre. L’illusion, elle va continuer à en faire son fond de commerce, quand, devenue la voyante attitrée d’Antoine — et copieusement rétribuée aussi bien par lui que par Armand, le galeriste d’Antoine qui voit en elle l’occasion juteuse de ranimer l’inspiration en perte de vitesse de son peintre vedette — elle va le remettre en présence de son Irène bien-aimée et disparue. Et cette illusion va encore grimper d’un cran en puissance quand, dans la nécessité où elle est de trouver sans cesse du nouveau bois pour alimenter le feu de ses interventions extralucides, Suzanne tombe sur les carnets où Irène tenait son journal. L’histoire explose alors en un bouquet d’artifices où se multiplient et se confondent aussi bien les temps que les Irènes : celle d’hier, personnage central du film dans le film issu de la mise en images du carnet ; celle que la Suzanne d’aujour’hui découvre en lisant le carnet ; la sorte d’ectoplasme qu’elle fait renaître pour Antoine dans ses moments de voyance… On comprend que, contaminée par toutes ces Irènes, Suzanne finisse par perdre sa propre réalité et par aimer Antoine. On comprend qu’Antoine, à force de parler à Irène en passant par Suzanne finisse par les confondre et par aimer Suzanne. Le baiser qui les unit est alors inévitable. Mais, rappel : on est dans le monde de l’illusion, le baiser se déroule sur la petite scène de la roulotte où a commencé le film et les décharges électriques foudroient les amants. Un défibrillateur les ranime. Retour à la réalité… ou nouvelle illusion ?

Jean Lods

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