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Fiche technique :
Réalisation :Alain Resnais - Scénario et dialogues : Alain Robbe-Grillet - Musique : Francis Seyrig - Photographie : Sacha Verny - Distribution France : Tamasa Distribution.

Avec :
Delphine Seyrig (la femme) - Giorgio Albertazzi (l’inconnu) - Sacha Pitoëff (l’ami).

L'année dernière à Marienbad

France, Italie, 1961, 94min.

Lion d'or à la Mostra de Venise, 1961

Réalisation : Alain Resnais

Biographie :

Alain Resnais (1922-2014) est un réalisateur, scénariste et monteur français. A la fin des années 40, il réalise des courts et moyens métrages dont Nuit et Brouillard, sur les camps de concentration. Il est considéré comme l'un des grands représentants du Nouveau cinéma. Auteur de nombreux courts et moyens métrages et d’une vingtaine de longs métrages il a reçu plusieurs récompenses aux Césars et dans les festivals internationaux. L’année dernière à Marienbad a obtenu le Lion d’Or à la Mostra de Venise 1961. Il a été restauré, repris et diffusé en 2018.

Résumé :

Dans un grand hôtel fastueux, un homme tente avec acharnement de convaincre une femme qu'ils ont eu une liaison l'année précédente à Marienbad.

Analyse :

L’année dernière à Marienbad n’est pas un film facile. Ii peut déconcerter certains spectateurs. Alain Resnais, qui contrairement aux tenants de la Nouvelle vague n’a pas écrit le scénario, a fait appel, comme dans Hiroshima mon amour, à un auteur appartenant au mouvement littéraire qualifié de « Nouveau roman », Alain Robbe-Grillet. Écriture dans laquelle la notion même de personnage cohérent d’un bout à l’autre est rejetée, comme la notion d’intrigue qui passe au second plan. Le lecteur ne doit avoir aucune certitude de ce qu’il croit comprendre, il participe en, quelque sorte, à l’œuvre littéraire car il doit maîtriser la culture utilisée par l’auteur. Ce rappel des principes du Nouveau roman colle parfaitement à ce film. Resnais y a réalisé l’association intime entre Nouvelle vague et Nouveau roman. Il a incarné en images les mots et les idées du pape du Nouveau roman. Un film littéraire, intellectuel, qui casse les repères spatio-temporels de la fiction classique, qualifié par ses détracteurs d’ésotérique, voire ennuyeux, mais qui est d’une modernité passionnante et d’une fascinante beauté. Le film commence sur une voix d’homme qui semble nous décrire ce qui va apparaître. La caméra glisse le long des couloirs labyrinthiques d’un hôtel baroque somptueux, sur une mélodie aiguë d’un orgue, qui couvre ou laisse surgir cette voix qui semble dire toujours la même chose. Images intemporelles, d’un passé qui peut être le présent, qui effleurent des êtres humains, habillés comme pour un bal, sortes de marionnettes figées qui peuplent le décor. Seul un couple semble être vivant. Un homme s’approche d’une femme de laquelle émane une grâce évanescente, irréelle. Il prétend la connaître, il assure même qu’ils se sont aimés, l’année dernière, ici à Marienbad. Elle ne comprend pas, ne se souvient pas, lui répète inlassablement « Laissez-moi, je vous en supplie ». Elle ne se souvient pas, ou feint de ne pas se souvenir ? C’est un film totalement onirique dans lequel on retrouve les thèmes de Resnais, la mémoire qui accompagne l’oubli, l’intemporalité, le passé qui se mêle au présent, l’amour, les désordres du sentiment amoureux, son incommunicabilité.

Ce film culte est fascinant, d’une grande beauté, avec des images somptueuses qui laissent une empreinte durable dans le souvenir du spectateur. Un film que l’on n’oublie pas.

Marie-Jeanne Campana

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