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Avec :
Dans le rôle principal les poules Feri, Anett et Nora, mais aussi: Ioannis Kokiasmenos (propriétaire du restaurant). Maria Diakopanagioti (la fille). Argyris Pantazaras (le garçon). Eleni Apostolopoulou (petite fille). Mahad Bamerny (contrebandier 1). Antonis Tsiatsiopoulos (garde du corps).
Réalisateur et scénariste hongrois né en 1974, il est connu pour des œuvres mêlant fiction, documentaire et formes expérimentales, visuellement inventives, transcendant les genres et repoussant les limites de la narration cinématographique: Hic (de crimes en crimes) (2002), Taxidermie (2006), Final cut :ladies & gentlemen (2012), One will, one nation (2016).
Résumé :
À grand pouvoir, grandes responsabilités - mais si l’héroïne était une poule ? Échappée d’un élevage industriel, elle trouve refuge dans la cour d’un restaurant en ruine. Là, elle découvre l’amour, défie la loi du bec et se bat pour protéger ses œufs. Sa quête, tendre et ironique, résonne avec les combats silencieux et petits arrangements de la vie humaine
Analyse :
Cela devait bien arriver: après Balthazar, l’âne souffrant de Robert Bresson, après le cheval métaphysique de Bela Tarr, après Spots, le chien banni dans l’île de Wes Anderson, le cinéma d’auteur européen offre enfin à la poule son grand rôle tragique! Cet objet filmique non identifié - une expérience improbable où une poule observe, sans les comprendre, les bassesses humaines - a été présenté à Toronto et honoré par une mention spéciale du jury, bien que reçu par un public mi figue mi raisin. Le réalisateur, qui chérit, comme son provocant collègue grec Yorgos Lanthimos, l’insolite et le surréel, suit une gallinacée échappée d’un élevage industriel qui, en caquetant et en picorant un peu partout, cherche à éviter les ennuis et à pondre ses oeufs tandis qu’elle traverse une Grèce poisseuse peuplée de trafiquants, de restaurateurs épuisés et de façon générale d’humains pas très brillants, si bien qu’on peut penser à une fable philosophique un peu tordue! Le plus surprenant est que le film fonctionne souvent très bien. Pálfi, qui tourne avec de vrais animaux dans un environnement très réaliste, transforme en héroïne burlesque sa poule principale, interprétée tour à tour à l’insu du spectateur par 8 spécimens différents avec 3 doublures car l’animal se fatigue vite ! La caméra épouse ses déplacements avec un sérieux hilarant, qu’elle traverse une cuisine ou une autoroute ou s’enfuie en gloussant devant un renard. Plusieurs critiques ont loué l’audace et la virtuosité visuelle d’un dispositif qui semblait relever d’un pari absurde que néanmoins Pálfi remporte presque à tout moment. D’autres pourront estimer que la métaphore sociale tourne parfois en rond dans le poulailler conceptuel. Mais c’est aussi ce qui rend Cocotte si réjouissant. Le film assume son grotesque, sa noirceur et son humour absurde avec une totale conviction. Le réalisateur filme les humains comme des créatures agitées et ridicules, tandis que la poule devient paradoxalement le personnage le plus digne du récit. Rarement le cinéma contemporain aura autant donné envie de défendre la cause animale ! En définitive le film est un peu comme son héroïne: étrange, nerveux, imprévisible, parfois complètement perché, mais inoubliable dans le panorama formaté du paysage cinématographique actuel: voir une poule voler la vedette aux humains a quelque chose de profondément revigorant !
Jean-Michel Zucker
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