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Avec :
Charly Hübner (Micha Hartung), Christiane Paul (Paula), Leon Ullrich (Alexander Landmann), Leonie Benesch (Alexander Landmann), Leonie Benesch (Natalie Hartung), Peter Kurth (Fritz Teubner, Stasi).
Wolfgang Becker (1954-2024), diplômé d’histoire, littérature et cinéma, reçoit en 1988 un Locarno d’or pour son film de fin d’études, Schmetterlinge. Son deuxième long-métrage Good Bye Lenin (2002) lui apporte une consécration internationale. Suivront Bem-Vindo a Sao Paulo (2004), Moi et Kaminski (2015) et Le héros de Berlin que le cinéaste, mort prématurément d’un cancer, n’a pas pu finir seul.
Résumé :
Berlin, 2019 – Micha Hartung, gérant d’un vidéo-club en faillite, est choisi par un journaliste aux dents longues, comme le potentiel héros d’une ‘story’ pour son journal, dans le cadre des festivités marquant le 30ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin (1989). Micha n’a pourtant été, en 1984, alors qu’il était cheminot en RDA, que l’instigateur involontaire de la fuite d’un train est-allemand vers l’Ouest.
Analyse :
Revenant, comme dans Good Bye Lenin, sur l’histoire chaotique et complexe de l’Allemagne pendant la Guerre froide, Wolfgang Becker a réalisé une comédie douce-amère autour des thèmes de l’histoire, du journalisme et des travers de notre époque, toujours avide de sensationnel. La tonalité générale du film est intéressante et originale, grâce à l’utilisation particulière de la musique qui apporte distance, humour et fantaisie à ce récit dont le contexte est profondément tragique. Le héros, Micha, un peu balourd et d’une honnêteté moyenne, perd vite les pédales devant les entourloupes d’un reporter peu regardant sur la déontologie et qui monte un faux scoop sur un pseudo ancien résistant au système communiste, le soit disant cerveau d’une évasion spectaculaire vers l’Allemagne de l’Ouest. Ce journalisme-là n’en sort pas grandi qui affirme cyniquement que « l’Histoire est un tissu de mensonges sur lequel tout le monde est d’accord » ! La réalité s’efface devant le récit qu’on en fait, comme dans L’homme qui tua Liberty Valance (1962) ou Eleanor the Great (2025). Beaucoup de petites scènes sont amusantes et racontent avec finesse l’Allemagne d’hier (par exemple la vie, fantasmée, en RDA), et d’aujourd’hui : un déjeuner du ‘’héros’ chez le président, des rendez-vous cocasses en psychothérapie, le tournage de publicités, une enquête auprès d’un impressionnant ancien membre de la Stasi qui fait encore froid dans le dos, etc... Joué par une pléiade de très bons acteurs, ce film qui ne se prend jamais au sérieux confirme l’intérêt actuel pour l’histoire du XXème siècle.
Françoise Wilkowski-Dehove
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