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Fiche technique :
Réalisation : Alexandre Arcady. Scénario : Alexandre Arcady, d’après le texte de Didier Caron. Photographie : Gilles Henry. Musique : Philippe Sarde et Roland Romanelli. Montage : Manuel de Sousa. Distribution : Maverick. 


Avec :
Benoît Poelvoorde (Alexandre Miller), Kad Merad (Nathan Dinkel), Caterina Murino (Annah Dinkel), Pascale Louange (Sophie Miller).

Fausse note

France, 2026, 90min.

Réalisation : Alexandre Arcady

Biographie :

Né en Algérie en 1947, Alexandre Arcady arrive en France en 1961. D’abord comédien, il dirige le théâtre Jean Vilar de Suresnes dès 1972, met en scène, continue à jouer (Lorenzaccio, etc.). En 1979 sort son premier film, Le coup de Sirocco. Suivront notamment, inspirés par sa culture juive ou l’actualité : Le grand Pardon 1 et 2 (1982 et 1992), 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi (2014). Fausse note a reçu le Grand Prix du public au festival de cinéma et musique de La Baule en juin 2026.

Résumé :

À Paris, en 1990, le maestro Alexandre Miller, chef d'orchestre de renommée internationale, nommé à Berlin, donne son concert d'adieu avec la Septième symphonie de Beethoven. A l’issue de la représentation, un admirateur parvient à l'approcher. Ce qui semblait être une rencontre fortuite se transforme progressivement en un face-à-face tendu, révélant un passé commun longtemps enfoui.

Analyse :

Ce neuvième métrage d’Alexandre Arcady, où la musique joue un grand rôle comme l’annonce le titre, est un film appartenant au genre populaire et il commence par faire rire avant d’aborder le souvenir de l’histoire des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Au générique du début résonnent de graves accords wagnériens tandis que celui de la fin rend hommage avec Mozart aux dizaines de musiciens et artistes assassinés dans les camps. Deux acteurs de renom, Kad Merad et Benoît Poelvoorde, habituellement humoristes, jouent ici à contre-emploi ; le réalisateur voulait que leurs personnages ne soient pas identifiables immédiatement. Sous les magnifiques lambris de l’Opéra-comique se déroule un huis clos, entrecoupé d’incidents, qui évoque d’abord L’emmerdeur (Edouard Molinaro, 1973) Kad Merad, très naturel, s’inscrivant bien, après Jacques Brel, dans la lignées des crampons insupportables. Mais c’est ensuite à l’atmosphère de Garde à vue (Claude Miller, 1981, avec Michel Serrault et Lino Ventura) qu’on pense car l’affrontement des deux protagonistes se prolonge autour des questions de la vérité, de la justice et de la culpabilité. Les deux acteurs qui n’avaient jamais joué ensemble nous offrent un excellent numéro. On peut cependant regretter quelques faiblesses de scénario.

Dehors, dans Paris sous la neige, le réalisateur fait une brève apparition sur les marches de l’Opéra : « attention, ça glisse !’, dit-il à ses petits-enfants. Son idée principale est bien la transmission et on peut s’en féliciter tant il n’est pas certain que les plus jeunes générations aient toutes bénéficié de cours d’histoire ad hoc. Date de sortie du film, le 7 octobre, désormais un triste anniversaire.

Françoise Wilkowski-Dehove

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