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Avec :
Tom Cruise (Digger Rockwell), Sandra Hüller (Emma), Riz Ahmed (Ganesh), John Goodman (Président Compson), Michael Stuhlbarg (le vice président), Jesse Plemons (Kenny), Emma d’Arcy (Lina), Burn Gorman(Amos).
Alejandro Gonzalez Inarritu crée Zeta Films en 1991, qui produit différents contenus audiovisuels. Sa rencontre avec le scénariste Guillermo Arriaga sera déterminante et ils écriront ensemble pratiquement tous leurs scénarios. D’ Amours chiennes à The Revenant , en passant par notamment Babel
et 21 grammes, Inarritu bouleverse avec un cinéma qui prend aux tripes.
Résumé :
L’homme le plus puissant au monde se lance dans une mission effrénée pour s'ériger en sauveur de l’humanité avant que la catastrophe, qu’il a lui-même déclenchée, n’anéantisse la planète.
Analyse :
Alternant entre action, drame et comédie, Alejandro Gonzalez Inarritu mélange les genres dans ce film poignant. Véritable critique de notre monde qui court petit à petit à sa perte, il compose une satire troublante d’un mégalomane milliardaire et vulgaire interprété par un Tom Cruise méconnaissable, qui nous livre une performance parmi les plus audacieuses de sa carrière. Dans une mise en scène majestueuse, Inarritu orchestre la chute d’un homme dont la démesure finit par dévorer la grandeur.
Face à une catastrophe planétaire imminente, Digger entend d’abord imposer sa vision du monde aux plus puissants. Mais à mesure que le film avance, le récit semble lui aussi perdre pied, comme emporté par l’ivresse du pouvoir de son protagoniste. Un essoufflement qui pourrait bien être volontaire : à l’image de cet homme dépassé par sa toute-puissance, la mise en scène se laisse gagner par le vertige d’un monde qui court à sa perte.
Métaphore de Donald Trump et d’Elon Musk réunis en un même personnage, Digger Rockwell incarne une société arc-boutée sur ses acquis, aveuglée par son pouvoir et indifférente aux conséquences de ses excès.
Se mettant lui même en scène (et en abyme) dans ce jeu de massacre, il nous assène des répliques cinglantes et qui font mouche : « Digger nous a tous mis dans la merde, et c’est Digger qui va nous en sortir ».
Alejandro Gonzalez Inarritu ne nous dresse pas le simple portrait d’un milliardaire : il incarne un système tout entier entre abondance et cynisme car il
sait que le confort des uns nourrit les excès des autres. Mais cette toute puissance connait vite ses propres limites et le réalisateur nous le montre quand son personnage se retrouve dans ses retranchements jusqu’à son propre effondrement.
Véritable ovni cinématographique et allégorie du monde économique et politique actuel, Digger est un film qui dérange autant qu’il questionne : l’argent et la pouvoir peuvent-ils tout acheter au profit de vies sacrifiées ? Pouvons-nous vivre sans pétrole ?
Entre satire féroce et vertige apocalyptique, Inarritu signe une oeuvre monumentale, portée par un Tom Cruise au sommet de son audace. Mais derrière la démesure du spectacle demeure une question essentielle : jusqu’où l’homme peut-il pousser sa toute-puissance avant d’en devenir la première victime ?
Maxime Pouyanne
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