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Festival de Cannes 2024

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Echo du Festival de Cannes

14-25 Mai 2024

Toujours des rumeurs, des menaces avant le Festival du Film. Thierry FRÉMAUX , le Délégué Général avait annoncé : « ce sera un Festival paisible, apaisé, sans polémiques , on a pris soin que l’intérêt majeur reste le cinéma » et le Festival s’est bien passé.

Il a accueilli environ 40 000 accrédités, 4 000 journalistes qui ont représenté 2 000 médias en provenance de 90 pays ; il a présenté 70 films en Sélection Officielle dont 22 longs métrages en Compétition, section dans laquelle seront remis la Palme d’Or et le Prix du Jury Œcuménique . Une centaine d’autres courts et longs métrages sont présentés dans des sections parallèles telles « la Quinzaine des cinéastes », « la Semaine de la critique»…

La soirée d’ouverture avec Palme d’Honneur remise à Meryl Streep

Camille Cottin, maitresse de cérémonie, a donné du rythme et de l’émotion en ce début de soirée avec un fond d’humour sur un sujet d’actualité en disant « je précise que les rendez-vous dans les chambres d’hôtel de messieurs tout-puissants ne font plus partie du vortex cannois suite à l’adoption de la loi « #metoo » et l’on s’en félicite. » Elle a eu aussi des accents plus graves pour évoquer l’état du monde qui « nous inquiète, voire, par endroits, nous glace le sang… »

Et puis Juliette Binoche a été appelée pour remettre la Palme d’honneur à Meryl Streep. Alors Meryl est arrivée, tout de blanc vêtue dans une longue et méritée « standing ovation ». Longue carrière, longs applaudissements pour cette immense comédienne aux 3 Oscars qui n’était pas venue à Cannes depuis 35 ans... Juliette, très très émue lui a remis la Palme d’Honneur et lui a dit « Tu as changé notre façon de voir les femmes au cinéma, tu nous as donné une nouvelle image de nous-mêmes.

Les trois actrices, vêtues de longues robes noire, rouge et blanche ont ensuite déclaré ouvert le 77e Festival de Cannes

Comme l’année dernière, cette soirée d’ouverture était retransmise dans des centaines de cinémas en France et suivie du film d’ouverture : Le 2ème acte de Quentin Dupieux , présenté Hors Compétition .

Le Jury œcuménique 1974-2024 – 50e anniversaire

Les jurés

Depuis 1974, INTERFILM (Organisation Protestante Internationale du Cinéma) et SIGNIS (Association Catholique Mondiale pour la Communication) nomment 6 jurés : chrétiens engagés, journalistes, réalisateurs, théologiens, enseignants… Ces jurés voient tous les films en Compétition et délibèrent en toute indépendance.

Cette année, INTERFILM a nommé Julienne Munyaneza (Rwanda, U.K.), Présidente du Jury œcuménique, Pierre-Alain Lods (France ) et Johanna Haberer (Allemagne), tandis que SIGNIS a nommé Magali Van Reeth (France), Edgar Octavio Rubio Hernandez (Mexique) et Alexander Bothe (Allemagne).

Les critères

Le Jury encourage les films qui expriment des qualités humaines positives et illustrent les valeurs de l’Evangile telles : dignité humaine, solidarité avec les plus faibles et les opprimés, justice, paix , pardon, réconciliation, sauvegarde de la création, ou encore des films qui interpellent nos choix de société.

Présence et témoignage œcuméniques

Culte et messe du Festival

Chaque juré participe à la liturgie de son Eglise, ensuite tous les paroissiens protestants et catholiques se retrouvent pour partager le verre de l’amitié.

Cette année les protestants accueillaient la Pasteur Anne-Laure Danet, Responsables des relations avec les autres Eglises pour la Fédération Protestante de France, qui a apporté la prédication, et Christian Barbéry, pasteur à Cannes et Délégué Régional à l’œcuménisme.

Et les catholiques accueillaient le Père Chalard, curé de Cannes , et le Père Mariusz Piecyk, délégué régional à l’œcuménisme.

Célébration œcuménique

Elle se tenait au Temple avec prédication de Mgr Touvet, évêque coadjuteur du Diocèse Fréjus- Toulon, en présence du Pasteur Christian Krieger, Président de la Fédération Protestante de France, et du Pasteur Sibylle Klumpp, Présidente du Conseil Régional de l’Eglise Protestante Unie en région PACCA.

Réception à la mairie de Cannes

Chaque année, depuis 2003, le Jury œcuménique et quelques responsables sont reçus par le Maire de Cannes, dans son bureau .C’est le seul Festival où le Jury œcuménique a ce privilège. Cette année encore le Jury a été reçu par le Maire David Lisnard, Président de l’Association des 35000 maires de France : accueil chaleureux, présentation des jurés, mots de remerciements échanges cordiaux, verre de l’amitié, cadeaux offerts par la ville de Cannes … Un temps fort et apprécié par tous.

Le Prix spécial des 50 ans du Jury œcuménique est attribué à Wim Wenders

Distingué à Cannes à trois reprises par ce jury ( prix en 1984 pour Paris Texas, mention spéciale en 2014 pour Le sel de la terre, et prix en 2023 pour Perfect days, Wim WENDERS a su tout au long de sa carrière rendre visible l’invisible.

En partant sur les routes du monde avec sa caméra, il y a rencontré les hommes et les femmes de son temps et capté notre humanité commune. Dans ses films de fiction comme dans ses documentaires, il a mis en lumière la part sacrée de ses personnages. Cinéaste existentiel et poétique, il a su exprimer avec grâce leur quête d’un monde meilleur.

Avec la création de la Fondation Wim Wenders, il a maintenant le souci de transmettre aux générations futures son amour et sa passion pour le 7e art que nous partageons avec lui .

Prix du Jury œcuménique : Les Graines du figuier sauvage de Mohammad Rasoulof (Iran, France, Allemagne) 2h 47

Mohammad Rasoulof est arrivé en France 2 jours avant la fin du Festival, son film était projeté le dernier jour, dans la grande salle Lumière du Palais des Festivals. J’étais assise 2 rangs devant lui et son équipe. Il a reçu la plus longue et la plus impressionnante ovation que j’ai vécue à Cannes. Il était très ému et brandissait 2 photos : celle des 2 acteurs principaux de son film qui n’ont pas pu venir, interdits de sortir d’Iran. Il connait ce manque de liberté : il n’avait pas pu venir chercher l’Ours d’Or à Berlin en 2020 pour son film Le diable n’existe pas et n’avait pas pu venir comme membre d’un Jury à Cannes en 2023.

Parti clandestinement d’Iran il y a un mois, maintenant il est là pour présenter un film fort, un film engagé contre les Mollahs, un film audacieux dont le titre est évocateur : Les graines du figuier sauvage. Les graines de ce figuier qui produisent des rameaux enserrant le tronc de l’arbre hôte, ce sont celles de la liberté plantées en Iran en 2022 par le mouvement spontané : « Femme, Vie, Liberté », mouvement né après l’assassinat de Mahsa Amini, et qui a des résonnances dans beaucoup de pays dans le monde.

  Dans son film, Rasoulof met en scène le Iman, promu enquêteur au tribunal révolutionnaire, sa femme et ses deux filles. Le père exécute les ordres, signe des exécutions contre les rebelles, les filles soutiennent des membres du soulèvement, la mère essaie de comprendre… L’arme de service du père disparaît et la famille explose… Pour montrer la contestation de la rue, comme il ne peut aller filmer à l’extérieur, Rasoulof utilise des vidéos sauvages prises par des amateurs et publiées sur les réseaux lors des derniers soulèvements, des images fortes, authentiques…

  C’est son film le plus politique, le plus engagé présenté au rythme d’un thriller dans un Iran répressif, dictatorial, sans concession, une œuvre qui témoigne avec force et humour aussi, de l’espoir immense que le cinéaste place dans la jeunesse de son pays.

Voici la motivation du Jury œcuménique : « Quand la religion s’associe au pouvoir politique et au patriarcat, elle peut détruire les relations les plus intimes et la dignité des personnes, comme l’incarne ce drame familial iranien. Le Jury a été sensible à sa richesse symbolique, son dénouement généreux et porteur d’une note d’espoir, ses touches d’humour et sa tension déchirante. Sa subtilité et la sobriété de son écriture, tant dramaturgique que filmique, en font une métaphore de toute théocratie autoritaire »                                        

Conférence de presse de Mohammad Rasoulof

J’ai eu la chance d’entendre Mohammad Rasoulof en conférence de presse où il a expliqué son parcours et la genèse de son film qui, dit-il, ne relate que des situations réelles qu’il a vues et vécues. Il nous dit « Je fais du cinéma clandestin depuis 20 ans, j’ai appris à déjouer les services secrets. Depuis 2010, je suis condamné, à cause de mes films pour « collusion contre la sécurité nationale » et j’ai fait pour cela, plusieurs fois des mois de prison en 2017, 2022 et 2023. Si je faisais du trafic de drogue, j’aurais moins d’ennui… »

Quand avez-vous décidé de faire ce film ?

En 2022 j’étais en prison avec Jafar Panhahi. Nous parlions beaucoup du mouvement de protestation dehors après la mort de Mahsa Amini. Il y avait parmi nous un prisonnier politique qui faisait la grève de la faim. Il était très faible et des responsables sont venus examiner son cas. Parmi les responsables l’un d’entre eux m’a pris à part et m’a donné un crayon en cadeau et il m’a dit : « Quand j’entre ici, je me demande quel sera le jour où je me pendrai devant cette porte, car chaque jour, quand je rentre chez moi , mes enfants me font des reproches : que fais-tu chaque jour, qu’as-tu fait aujourd’hui ?

 Ce crayon m’a motivé, j’avais beaucoup à dire et, une fois libéré, j’ai découvert une société transformée par les jeunes, il me fallait rencontrer cette génération, lire, voir des vidéos… alors j’ai entrepris de faire ce film pour dire : il faut croire en la liberté, tous, hommes, femmes, il faut vivre une vie digne…

Comment un tel film peut se faire en Iran ? Comment s’est passé le tournage ?

 C’était très difficile, j’ai travaillé chaque jour dans la peur et l’angoisse sous un faux scénario. Au tiers du tournage, à la fin de la 4e semaine, j’ai reçu l’annonce de ma condamnation à 5 années minimum de prison. Et le tournage ? Alors j’ai fait appel de ce jugement. Heureusement la lenteur de la justice m’a permis de poursuivre. Le film était presque fini et je faisais passer des bobines à l’étranger chez le monteur du film. 

Au moment où j’ai appris que ma condamnation était rejetée en appel, j’ai eu 2 heures pour me décider : la prison ou l’exil ? En prison, j’avais rencontré des passeurs en qui j’ai eu confiance, ils m’ont aidé à quitter l’Iran avec de longues marches à pied, ou bien en voiture, en train avec de faux papiers… Un consul européen m’a identifié grâce à mes empreintes digitales et j’ai pu venir en Allemagne, en France ! Mais je me demande : pourquoi ce régime a si peur de nous ? si peur du cinéma indépendant ?

Moi je dis : Il faut rester fidèle à notre indépendance, à notre liberté. Alors le thème de mon film c’est l’endoctrinement . Car, en Iran c’est un totalitarisme qui enlève toute liberté. Même dans la religion, il faut obéir, se soumettre, et ne pas questionner.

Ce tournage a été le plus difficile de ma carrière. J’étais sous pression constante, avec une totale incertitude d’aller au bout. Parfois on arrêtait tout, et puis on recommençait espérant que l’équipe restait soudée… Je me donnais 10 pour cent de chances d’aller au bout… J’ai fini le montage de ce film pendant ma traversée de la frontière !!! Mon film est presque un documentaire parce qu’il est nourri d’images trouvées sur les réseaux, de vrais sons et slogans de la révolte et aussi parce que j’y ai mis beaucoup de scènes authentiques que j’ai vues moi-même.

Etes-vous conscient que vous prenez des risques ?

Je sais que je prends des risques en osant cela mais c’est ma liberté de création artistique et j’y tiens. Pour moi défendre la liberté, c’est une question de conscience morale. Je suis parti pour raconter toutes les histoires que je porte en moi, tous ces récits qui m’habitent, mais j’ai l’espoir que la situation changera en Iran et que tous exilés pourront un jour y vivre dignement.

Le film de Mohammad Rasoulof a reçu le Prix du Jury œcuménique, et aussi le Prix Spécial du Grand Jury, le prix du Jury de la Presse Internationale et celui du Jury des Ciné-clubs. 

Pour moi c’est son meilleur film, c’est un chef-d’œuvre à voir, à recommander, à discuter, à recevoir comme un cadeau

Merci Monsieur RASOULOF pour ce témoignage, ce courage, cette foi et cette espérance !

Mon coup de cœur : Emilia Perez de Jacques Audiard (France, Espagne, 2h10, sortie en France le 28 Août)

Jacques Audiard est bien connu à Cannes pour avoir emporté la Palme d’Or en 2015. Il revient avec un film audacieux, une comédie musicale en espagnol. Le scénario est osé, un peu fou : Rita, une avocate douée et pauvre est convoquée par un redoutable narcotrafiquant Manitas, qui lui propose une fortune en échange d’un service ahurissant : l’aider à devenir une femme, ce qu’il a toujours rêvé d’être.

Quelle aventure ! Quel défi ! Manitas, père de 3 enfants, responsable de massacres, devient Emilia Perez. En changeant de nom, elle change de vie, en changeant de sexe, elle change de nature.. Elle fait venir sa famille, se faisant passer pour une tante… Elle décide de venir en aide aux veuves, aux orphelins que les cartels ont semé sur leur route… et crée une association « la lucetita », rayon de lumière qui transfigure sa vie et celle de Rita à ses côtés…

C’est l’histoire bouleversante d’une émancipation, d’un accomplissement, d’une rédemption. C’est une œuvre inclassable, un film noir, une comédie musicale atypique, un mélodrame teinté d’amour et d’amitié… Le thème était risqué pour ne pas tomber dans le ridicule, au contraire, ce film nous séduit, nous enchante, nous interpelle, nous provoque et nous surprend jusqu’au bout avec ses chants, ses danses, son message : il parle de sujets délicats comme l’acceptation de soi, le sort des disparus au Mexique, la rédemption, la famille, la relation avec son passé… Emilia Perez a reçu le Prix du grand Jury et le prix d’interprétation féminine pour les trois actrices dont l’actrice principale Karla Sofia Gascon qui a elle-même changé de sexe en 2018 et qui donne au film une présence, une énergie et une grâce inattendues.

Osez aller le voir, il en vaut la peine !

Les films que je recommande :

1- When The Light Breaks ou « La Lumière Au Bout Du Tunnel » de Runar Runarsson (Islande) 1h 22, Sortie en France le 18 Décembre

Un lever de soleil, Una et Diddi s’aiment. Mais Diddi est en couple avec Klara qui ne connait pas Una. Promis, il va rompre aujourd’hui - mais il meurt sur la route dans un violent accident. Pour la famille, les amis, la lumière s’éteint… Mais toute l’équipe de jeunes se retrouvent une journée entière. Effondrés par ce deuil, ils vivent malgré eux une situation ambigüe puisqu’ils apportent tous leur soutien à Klara. Et Una, isolée, ne peut rien dire face à Klara. Les relations qui se nouent entre ces deux levers de soleil pourraient pousser au drame, mais non, ce film est tourné vers l’horizon et l’optimisme, il révèle les amitiés naissantes, les petits riens pour se protéger de la douleur.

Ce film aborde un sujet universel peu fréquent, le deuil dans une équipe de jeunes ; il nous émeut en montrant comment les jeunes font face : ils noient leur chagrin dans l’alcool, pleurent, dansent, mais aussi sont unis par une bouleversante poésie dans ce qui aurait pu être une banale scène de funérailles. Dans ce cadre sublime d’Islande le message est clair : rien ne s’éteint sans être rallumé ou comme le dit le titre « la lumière au bout du tunnel ».

2- Le Fil de Daniel Auteuil (France, 1h 55, sortie le 11 Septembre)

Premier grand film de Daniel Auteuil, jusque-là, il n’avait fait que des adaptations.

Le thème est simple : Maître Jean Monnier ne prend plus de dossiers criminels depuis 17 ans, depuis qu’il avait fait acquitter un meurtrier qui a récidivé. Sa rencontre avec Nicolas Milik, père de famille nombreuse, accusé du meurtre de sa femme, le touche. Il accepte de le défendre et retrouve ainsi le sens de sa vocation. « La vérité ne tient parfois qu’à un fil » dit-on. Cette expression s’adapte bien à cette œuvre qui nous introduit dans les procès d’assise et nous en fait découvrir les rouages, les pressions exercées, les difficultés rencontrées. Comment convaincre de son ultime conviction ?

 Une œuvre très intéressante, humaine, avec suspense, et remarquablement interprétée par Daniel Auteil qui joue avec aisance le rôle d’avocat idéaliste et parfois égaré dans ses convictions et émotions, et aussi Grégory Gadebois dans le rôle de l’accusé dans cette tragédie judiciaire tirée d’une histoire vraie.

3- Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde d’Emmanuel Parvu (Roumanie, 1h45)

Dans un village roumain où il est en vacances Adi, 17 ans est un soir violemment agressé dans la rue . Dès le lendemain sa famille, ses amis et tout le village vont changer leur attitude envers lui : ils ont appris qu’il était homosexuel …

A la sortie de la salle, je pensais que ce film faisait un peu vieillot en présentant l’homosexualité comme une maladie à guérir à tout prix, un vice à détruire par n’importe quel moyen. Mais non, ces situations existent encore en Roumanie et ailleurs et tant qu’elles existeront, ce film est utile et doit être vu car Adi est une victime, ligoté, torturé, exorcisé, rejeté tant par sa famille que son village et son Eglise. Les parents et le prêtre orthodoxe sont prêts à tout pour le « guérir ».

Aucun dialogue, aucun respect de la personne, aucune tendresse … ce film est dur mais nécessaire pour dénoncer de tels comportements vis-à-vis d’un être humain, jeune ou adulte.

4- L’Invasion de Serge Loznitsa (Ukraine, Pays-Bas, France, U.S.A., 2h 25, Documentaire)

On est en Ukraine pendant l’invasion russe, c’est à-dire aujourd’hui. L’Invasion est une chronique faite de longues plages d’observation et tant de scènes relatant la vie d’un peuple attaqué. La première demi-heure est presque intégralement constituée de cérémonies, enterrements de soldats, mariages… Beauté de la liturgie chantée, choc de la guerre, on assiste, impuissants à la destruction du patrimoine littéraire russe, on est témoin d’images déchirantes comme si tout le pays n’était plus qu’un gigantesque convoi funèbre, comme si tout le pays avait perdu le goût de la parole. C’est long, c’est beau, c’est émouvant et malheureusement vrai chaque jour.

Conclusion

En Sélection Officielle, beaucoup de films très marqués, cette année, par l’argent, le sexe, la violence, films grand spectacle avec une musique souvent assourdissante. Et puis quelques pépites à voir, à discuter, à faire connaître…

Pour terminer je voudrais parler de l’affiche que je trouve très belle et qui suggère un appel à l’unité.  Cette image est tirée d’un film Rhapsodie en Août de Akira Kurosawa présenté hors compétition à Cannes en 1991, film dans lequel une grand-mère, victime des bombardements de Nagasaki, essaie de transmettre à ses descendants sa foi en l’amour et en l’intégrité comme remparts contre la guerre. Dans cette scène nocturne, la lune a été remplacée par la Palme, suggérant ainsi une invitation à l’unité au sein d’un monde fracturé.

L’équipe du Festival, en présentant cette affiche, a dit « Le cinéma est un lieu universel d’expression et de partage, un lieu où s’écrit notre humanité autant que notre liberté ». Humanité ! Liberté ! Quels beaux thèmes, sujets inépuisables dans notre monde aujourd’hui pour que cessent, un jour, les guerres, les conflits, les dictatures, les endoctrinements…

Merci aux réalisateurs de nous interpeller sur ces sujets et de nous inviter à bâtir un mon uni, plus juste, plus digne et plus fraternel.

Denyse Muller

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