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Grand Prix du jury Berlin 2019

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    Grce Dieu

    France, Belgique, 2019, 137min.
    Grand Prix du jury Berlin 2019

    Fidèle à sa manière d'entrelacer les histoires, François Ozon nous raconte celle de trois victimes de Bernard Preynat confrontées à l'aveuglement du cardinal Barbarin et avec celui-ci de l'institution catholique romaine.

    On ne peut en effet qualifier Bernard Preynat de "Père Preynat" comme le font encore bien des commentateurs de l'affaire réelle car c'est justement dans cette ambiguïté de paternité au sens le plus patriarcal du terme que se cachent à la fois le ressort de l'agression sexuelle et sa dissimulation. Car ici tout est affaire de faux-semblant.

    Faux-semblant de ces autorités religieuses qui savent tout depuis des années et veulent faire croire que la prière et le jeûne seraient capables de remplacer la justice.

    Faux-semblant de ce cardinal qui se retranche devant la volonté du "Saint Père", "J'ai fait ce que Rome m'a dit de faire", parole d'une terrible banalité du mal que nous savons depuis Hannah Arendt faire le lit de toutes les compromissions.

    Faux-semblant que ce Notre Père, prière imposée à Alexandre, obligé de tenir la main de son agresseur sans que celui-ci n'ait le moindre remord.

    Faux-semblant que cette Église qui dans un magnifique plan d'ouverture prétend surplomber la ville depuis la basilique de Fourvière, la dominer et faisant mine de la bénir, une "bénédiction" d'oppression en réalité. C'est là que se trouve la charge de François Ozon et que son cinéma se fait combat pour les opprimés, les sans-voix, ceux qui n'ont d'autre ressources que la solidarité et le courage. C'est ce regard, tranquille et déterminé, d'Emmanuel qui à la fin du film lève les yeux vers cette même basilique de Fourvière, qui est porteur d'espérance vers cet Autre largement plus grand que l'Église qui prétend le représenter.

    Car Alexandre, François et Emmanuel, les trois représentants des dizaines d'autres victimes ne se battent pas seulement pour se restaurer, pour reconstruire leur propre image détruite ni pour leur guérison. Ils se battent pour quelque chose de plus grand qu'eux-même, plus grand même que cette Église qui se barricade derrière la grâce de Dieu pour recommencer encore et encore.

    Alexandre, François et Emmanuel se battent pour les autres victimes et contrecarrer l'idée atroce que ce serait l'Église qui serait victime des agissements du diable. Une Église qui n'a pas la force de l'Évangile pour résister au mal est un arbre pourri car "c'est à ce que vous ferez aux plus petits d'entre mes frères que l'on reconnaîtra ce que vous êtes". (Matthieu 25, 40)

    Roland Kauffmann

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