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Fiche technique :
Réalisation : Sydney Pollack, Alan Elliott – producteur : Alan Elliott – distributeur : Metropolitan FilmExport

Avec :
Aretha Franklin – James Cleveland – le chœur de la Southern California Community - Clarence L. Franklin (le père d’Aretha Franklin) – Alexander Hamilton – Clara Ward – Charlie Watts

Amazing Grace

Etats-Unis d'Amérique, 0, 87min.

Réalisation : Alan Elliott

Biographie :

Sydney Pollack, né en 1934 et mort en 2008, est un acteur, producteur et réalisateur de cinéma américain. Ses plus grands succès datent des années 70 et 80 et commencent avec On achève bien les chevaux (1969). Il a abordé avec succès des genres très variés, du western avec Jeremiah Johnson (1972) à la fresque romanesque (Out of Africa – 1985) en passant par la comédie (Tootsie – 1982) et le thriller (Les trois jours du Condor – 1975).

Résumé :

Ce film a une histoire extraordinaire. En 1972, Aretha Franklin, âgée de 29 ans, au sommet de sa gloire, décide d’enregistrer un album de gospel devant les fidèles d’une église baptiste du quartier de Watts à Los Angeles, c’est un évènement. La Warner décide de filmer le concert. Sydney Pollack est chargé du projet.

En deux soirées, le disque est bouclé. Mais les images de Sydney Pollack sont inexploitables, car non synchronisées avec le son. Le réalisateur, habitué à la postsynchronisation, n’avait pas anticipé cette difficulté technique insurmontable à l’époque. Les quarante heures de rush inexploitables iront dormir dans les caves de la Warner.

En 2007, Alan Elliott, compositeur et producteur de musiques de films, réussit à mettre enfin en adéquation le son et l’image grâce au numérique et monte un film de 97mn, durée équivalente à celle de l’album qui reste à ce jour le disque de gospel le plus vendu du monde. Mais Aretha Franklin s’opposera fermement à la sortie du film arguant de questions d’argent tout en affirmant aimer le film. Sa mort en août 2018 libère de tous les obstacles la sortie du film, il est présenté à la Berlinale et sort ce mois-ci en France.

Analyse :

À la première image on comprend que ce n’est pas seulement un concert filmé. Au milieu de 500 fidèles, entourée de ses musiciens, Aretha, tout de blanc vêtue, concentrée à l’extrême, offre une interprétation phénoménale nous rappelant qu’elle a une des plus belles voix du monde. Elle ne chante pas seulement de toute son âme, elle chante avec son corps, sa peau noire, ses combats contre le racisme, tout ce qui la compose. 

Les 11 minutes de son interprétation d’Amazing Grace résonnent comme un acte de foi. Aux larmes qui coulent sur son visage quand elle interprète « Take My Hand Precious Lord », qu’elle avait chanté à l’enterrement de Martin Luther King, répondent les larmes versées par les fidèles présents témoignages d’une souffrance que l’on devine aisément. Ce quartier de Los Angeles a été le théâtre des terribles émeutes raciales en 1965.

Sydney Pollack filme tous ces moments de grâce, alternant gros plans et plans larges, sur cet auditoire qui part en transe. Dans un entre-deux, le père d’Aretha présent vient éponger le front de sa fille muni d’un mouchoir. Aretha Franklin voulait certainement démontrer en enregistrant cet album que le gospel n’était pas seulement une musique religieuse. Le film est à voir par tous, par tous ceux qui veulent profiter de ce que la musique fait de mieux.

Anny Blanchard

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