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Fiche technique :
Réalisateur : Jean-Paul Salomé. Scénario : Jean-Paul Salomé d’après le livre de Hannelore Cayre. Musique : Bruno Coulais. Photographie : Julien Hirsch. Montage : Valérie Deseine. Distribution France : Le Pacte.

Avec :
Isabelle Huppert (Patience Portefeux), Hippolyte Girardot (le commissaire), Farida Ouchani (l’infirmière), Liliane Rovert (la mère), Jade-Nadja Nguyen (la logeuse).

La Daronne

France, 2020, 106min.

Réalisation : Jean-Paul Salomé

Biographie :

Jean-Paul Salomé est né en 1960. Après des études de cinéma à la Sorbonne, il est assistant réalisateur, notamment en 1981 pour Les Uns et les Autres de Claude Lelouch. Puis il réalise deux courts-métrages, des documentaires : L'Heure d'aimer (1983) et La petite Commission (1984). En 1991, il réalise, pour la télévision, Crimes et jardins dont il a écrit le scénario. Il tourne après d'autres longs-métrages comme Les Femmes de l'ombre avec Sophie Marceau (2008). La Daronne a été primé quatre fois au festival du films de comédie de l’Alpe d’Huez.

Résumé :

Patience Portefeux est une interprète judiciaire franco-arabe, spécialisée dans les écoutes téléphoniques pour la brigade des Stups. Lors d'une enquête, elle découvre que l'un des trafiquants n'est autre que le fils de l'infirmière dévouée qui s’occupe de sa mère. Elle décide alors de le couvrir et se retrouve à la tête d'un immense trafic; la nouvelle venue dans le milieu du deal est surnommée par ses collègues policiers "La Daronne" (« La mère » en argot parisien).

Analyse :

Le film commence par une descente de flics dans la plus pure des traditions du film noir mais dès qu’apparaît Isabelle Huppert il est clair que nous avons à faire à une comédie déjantée. Le scénario est bien ficelé, même si la ficelle est souvent attendue et le réalisateur nous entraiîe dans Paris, des Galeries Lafayette à Barbès, chez Tati ou devant le cinéma Le Louxor. Isabelle Huppert est fascinante qu’elle soit en jeans ou cachée derrière des lunettes noires, ou encore en large s voiles comme sortant des Mille et une nuits. Sa présence éclate en permanence, tout en étant dans un décalage tout aussi permanent. Le réalisateur met en valeur le rôle des femmes, tandis que les hommes sont soit des flics balourds soit des voyous pas très malins. La daronne les mène avec autorité dès les premiers contacts : « dites-moi tout de suite si vous êtes des crevards ? », interroge-t-elle ! Les personnages féminins sont plus subtils, en premier lieu la mère de Patience qui perd la mémoire dans un Ehpad mais reste pleine de joie de vivre. Nous avons aussi l’infirmière, une musulmane pétrie d’humanité et la logeuse de Patience, une Chinoise qui blanchit de l’argent et fait disparaître les cadavres. « Parler ne fait pas cuire le riz ! », telle semble être sa devise. Évidemment, il ne faut pas regarder de trop près certains rebondissements (qui aurait l'idée d'écouler sa cargaison de drogue sur le parking de la prison de Fleury-Mérogis ?). Nous sommes plutôt dans une forme de fantaisie immorale à laquelle Isabelle Huppert, en djellaba stylée et foulard bigarré, donne une épaisseur qui permet au film de se hisser au-dessus de la moyenne des comédies françaises.

Jean Wilkowski

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