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Fiche technique :
Réalisation : Sarah Gavron ; Scénario : Claire Wilson et Theresa Ikoko ; Musique : Emilie Levienaise-Farrouch ; Photographie : Hélène Louvart ; Montage : Maya Maffioli ; Distribution France : Haut et Court.

Avec :
Bukky Bakray (Shola « Rocks”) ; Kosar Ali (Sumaya) ; Shaneigha-Monik Greysson (Roshé) ; Ruby Stokes (Agnes).

Rocks

Royaume-Uni, 2020, 93min.

Mention spéciale du jury œcumenique Zlin 2020

Réalisation : Sarah Gavron

Biographie :

Sarah Gavron, née en 1970 est une réalisatrice britannique. Après ses études de cinéma elle réalise de nombreux courts métrages lauréats de multiples prix et des téléfilms. Elle réalise un long métrage, Rendez-vous à Brick Lane (2008), sur une femme immigrée. En 2015 Les Suffragettes qui retrace la lutte, à Londres en 1912, de femmes pour obtenir le droit de vote, remporte un grand succès. Après Transparent (2017) série télévisée, elle réalise Rocks (2019).

Résumé :

Rocks, 15 ans, vit à Londres avec sa mère et son petit frère. Quand du jour au lendemain leur mère disparait, une nouvelle vie s’organise avec l’aide de ses meilleures amies. Rocks va devoir se battre pour échapper aux services sociaux.

Analyse :

Pour ce dernier film Sarah Gavron a choisi des élèves de 3e et 4e d’un lycée londonien. Ce sont donc des actrices non professionnelles qu’elle a associées à l’écriture du film et qui lui ont donné leur libre interprétation, leur spontanéité, leur vivacité et leur langage. Autour de l’héroïne, Rocks, ainsi baptisée par ses camarades pour son caractère de fer, son courage et sa détermination, gravite une série d’adolescentes d’origines très diverses du quartier d’Hackney. Une bande dynamique, joyeuse, mais surtout d’une grande solidarité. Dans ces adolescentes, il y a celles qui vivent au sein d’une famille aimante, et celles qui sont dans une situation bien plus compliquée sur le plan social. C’est le cas de Shola (Rocks) qui abandonnée par sa mère se retrouve à 15 ans avec des responsabilités d’adulte, la charge de son petit frère de 7ans, alors que l’argent est épuisé, l’électricité coupée et les services sociaux alertés. Dans son errance pour éviter d’être séparée de son frère, Shola, pudique au début avec ses amies, finit par leur demander de l’aide et y trouve une merveilleuse solidarité. Tableau d’une Angleterre où la diversité ethnique et religieuse ne pose aucun problème dans ce milieu des oubliés de la société. Elles sont inépuisables, libres, joyeuses, dynamiques, transgressives, provoquent leurs professeurs et donnent au film une énergie communicative accentuée par une caméra très mobile, une mise en scène et un montage alertes. Certes le film comporte des moments tristes et émouvants, mais il reste plein d’une vitalité et d’une sororité lumineuse.

Un film qui, dans la tendance actuelle de montrer des « héroïnes » (voir Bande de filles de Céline Sciamma, Divines de Houda Benyamina, Mignonnes de Maïmouna Doucouré, ou Adolescentes de Sébastien Lifshitz), est totalement féminin, jusques et y compris l’équipe technique. Avec sobriété et curiosité Sarah Gavron s’est placée à côté de ses comédiennes leur laissant une bonne partie du temps être ce qu’elles sont. Ce film est dans la tradition du réalisme social britannique mais différent des films de Ken Loach auquel on l’a trop souvent comparé car il y a une lumière, un espoir qui interdit de désespérer. Le film se termine sur des images apaisantes. 

Marie-Jeanne Campana

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