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Fiche technique :
Réalisation : Xavier Giannoli. Scénario : Xavier Giannoli et Jacques Fieschi d’après l’œuvre d’Honoré de Balzac. Photographie : Christophe Beaucame. Décors : Riton Dupire-Clément. Costumes : Pierre-Jean Larroque. Montage : Cyril Nakache. Distribution France : Gaumont.

Avec :
Benjamin Voisin (Lucien de Rubempré), Cécile de France (Madame de Bargeton), Vincent Lacoste (Lousteau), Xavier Dolan (Nathan), Jeanne Balibar (Marquise d’Espars), Salomé Dewaels (Coralie), Gérard Depardieu (Dauriat).

Illusions perdues

France, 2021, 149min.

Réalisation : Xavier Giannoli

Biographie :

Xavier Giannoli est un producteur, réalisateur, scénariste français né en 1972. Après des études de lettres, il, fait du journalisme avant de se lancer dans la réalisation. On lui doit notamment : Les corps impatients (2003), Quand j’étais chanteur (2006), A l’origine (2009), Marguerite (2015). Illusions perdues a été présenté à La Mostra de Venise en 2021.

Résumé :

Lucien Chardon, de Rubempré par sa mère, est un jeune provincial d’Angoulême qui se pique de poésie. Amoureux d’une comtesse locale, il monte à Paris pour échapper au scandale. Là, il se frotte au milieu des journalistes, ce qui fera sa gloire puis sa chute.

Analyse :

Le grand mérite d’Illusions perdues est de nous plonger dans l’univers de La Comédie humaine,  Xavier Giannoli signant ici un film d’époque, sous la monarchie constitutionnelle, de 1814 à 1830, tout en échappant aux reconstitutions laborieuses. Décors, rues, costumes : tout est parfait. Le plus intéressant est bien sûr le personnage de Lucien, un jeune naïf qui va découvrir un univers sinistre et cynique dont il ignore les codes mais où il va très vite apprendre à nager comme un poisson dans l’eau. Il devient vite journaliste dans certaines des petites feuilles de chou qui prospéraient à l’époque, spécialisées dans la critique littéraire ou dans celle des spectacles du théâtre de boulevard. La règle était telle : ne surtout pas lire les livres dont on doit faire la critique et se vendre au directeur de théâtre le plus offrant avant d’écrire soit un bon, soit un mauvais papier sur la pièce ! La société de l’époque est finement croquée : la vie mondaine, la rivalité entre monarchistes et libéraux, les jeux d’influence, les applaudissements ou les sifflets, achetés avant les représentations et assurés par la « claque »…. Toute une vie bouillonnante qui n’est pas sans résonnances avec la société que nous connaissons. Le culte de l’argent-roi, les différences de classe et de niveaux de vie entre la « France d’en bas » et la bourgeoisie ou la noblesse, le pouvoir destructeur des billets assassins publiés dans les gazettes, les « canards » au 19ème, les « fakes news » des réseaux sociaux au 21éme. Tous les acteurs sont excellents. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu Gérard Depardieu aussi bon qui interprète un éditeur plein d’autorité mais ne sachant ni lire ni écrire ! Ce film est une splendeur pour les yeux et les oreilles grâce à une bande son s’appuyant sur de la musique classique. C’est une fresque où l’univers de Balzac nous inonde comme jamais au cinéma.

Jean Wilkowski

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